Bureau des Arts

Catalogue des spectacles

Vous pouvez trouver ici le catalogue visuel des spectacles proposés par le BdA pour le prochain tirage.

71-Malakoff

Fresnes sur scène

Johnny a chanté : « Quand je lis, je lis quoi ? Des mots ». Et nous quand on lit, qu’est-ce qu’on lit ? Qu’est-ce que les auteur(e)s ont voulu que nous lisions ?
En partant de l’ancienne émission littéraire Apostrophes animée par Bernard Pivot, Quand je lis… propose de réinterpréter des écrivain(e)s et des extraits de leurs romans. C’est une manière de questionner le goût de la lecture, l’acte d’écriture et de porter à la scène ces auteur(e)s et leurs œuvres qui sont aussi des personnages ; de les incarner, de les caricaturer, de faire entendre leurs mots.
Les interprètes ne sont pas des comédiens mais, comme chacun d’entre nous, ils tentent de se saisir du sens, de la poésie, de l’humour, de la révolte des écrits et de ceux qui les ont écrits. La littérature est une grande affaire, certes, mais elle n’est pas une affaire d’élite ou d’élu(e)s. On peut l’aborder aussi sur une scène dans le cadre d’un atelier théâtre à Fresnes.

Juliette Coulon et Romain Dutheil

L’Avare

Celui de jeunes gens empêchés de concrétiser leur amour par une ancienne génération qui ne veut pas faire de la place à la nouvelle ; et celui d’Harpagon, devenu esclave de son obsession addictive pour l’argent, qui l’empêche de vivre réellement. Benoît Lambert signe ici une mise en scène vive, drôle et grinçante, qui permet aux comédiens de se donner avec tout leur art. Menée avec brio par Emmanuel Vérité en Harpagon à la fois tragique et grotesque, la troupe intègre quatre comédiens et comédiennes tout juste diplômés de l’École de la Comédie de Saint-Étienne et de l’École supérieure d’art dramatique de Paris. Tous servent l’énergique machinerie moliéresque qui se déploie ici avec une clarté saisissante, mettant à jour les conflits éternels qui opposent les générations. Portée par un superbe décor de cordes, de tréteaux et de caisses en bois, la magie de ce théâtre de troupe opère et l’écriture de Molière se révèle encore une fois d’une modernité et d’une vitalité inattendues.

Fajar ou l’odyssée de l’homme qui rêvait d’être poète

Spectacle en wolof et surtitré en français.Pour Adama Diop dont c’est ici la première création, raconter l’histoire de Malal, c’est raconter l’histoire de millions de jeunes du continent africain, perdus dans une société hyperconnectée qui ne leur offre au fond plus de quoi rêver.Celui qu’on a pu voir dans en tant que comédien pour Tiago Rodrigues et Jean-François Sivadier tire un fil entre les théâtres sénégalais et français qui ont chacun constitué l’artiste qu’il est. Sur scène, les espace-temps se croisent par l’entremise de la musique jouée en live et de la vidéo, les langues oscillent du scénario au conte, pour tisser le portrait d’une jeunesse à la reconquête de son imaginaire.

Adama Diop

Duo Ruut “Kulla Kerguseks”

Ann-Lisett Rebane et Katarina Kivi n’étaient a priori pas faites pour s’accorder. Venant de d’univers très différents, les deux musiciennes ont trouvé un terrain d’entente autant nourri du folklore de leurs ancêtres que de leur ouverture à d’autres cultures.
Jouant et composant à quatre mains sur une unique cithare estonienne, les deux femmes livrent une musique folk et minimaliste où la contrainte permet l’émergence de nouvelles techniques et sonorités. Tantôt harmonique, mélodique ou rythmique, l’instrument devient une machine miraculeuse sous les mains expertes des musiciennes, qui mêlent leurs voix sur des chants traditionnels estoniens. Après « Tuule Sönad », un premier album hautement récompensé, elles déploient leur univers mélancolique et envoûtant avec « Kulla Kerguseks », un opus ethno folk qui parvient à faire le pont entre musiques populaires d’hier et sonorités de demain.

Ann-Lisett Rebane et Katarina Kivi

https://youtu.be/UR3HVWJWEX8?si=8cgxC5e6IxmY1V7P

Athénée – Théâtre Louis Jouvet

JAZZ À L’ATHÉNÉE – FRANCESCO TRISTANO

Personnalité atypique du piano, Francesco Tristano s’affirme comme l’un des plus grands talents de la jeune génération. Ses récitals sont de savants
jeux d’équilibre entre les genres et les époques, mêlés à ses propres compositions et improvisations. Pour la première fois sur la scène de l’Athénée, il fera se répondre Bach, Friedrich Gulda et ses propres oeuvres.

https://www.athenee-theatre.com/saison/spectacle/francesco-tristano-joue-bach-gulda-tristano.htm

L’IMPRESARIO DE SMYRNE

Un hôtel, à Venise aux lendemains du carnaval. Le brouillard fume sur la lagune. Lucrezia, jeune chanteuse florentine « qui ne connaît pas grand-chose à la musique » – c’est elle qui le dit – est arrivée la veille. Carluccio, le castrat cherche un nouveau contrat. L’argent manque. Il y a des agents, des impresarios, des protecteurs. On apprend qu’un Turc-marchand a été convaincu par ses amis de ramener à Smyrne, le mieux de ce qui se fait sur la scène vénitienne et qu’il n’y connaît rien. 
Qui sera engagé ? Madame Tognina, soprano d’expérience est chez elle avec le ténor, son amant. La compagnie les retrouve. Il y a un poète accommodant qui ne travaille pas dans le génie, une petite chanteuse bolognaise, l’impresario, l’agent. La Florentine et le castrat les rejoignent. Ils sont tous à fond pour le projet turc. Chaude ambiance. Qui sera la prima donna ? 

À Venise, la musique était partout, le public y passait sa vie. Théâtres, Tréteaux, Ospedale… Laurent Pelly et Agathe Mélinand ont imaginé un Impresario de Smyrne intemporel et en musique – la pièce fut d’abord un opéra. Ces Scènes de la vie d’opéradeviennent un burlesque hommage à ce Bûcher des vanités, transcendé par la musique. Un petit monde en équilibre qui s’agrippe pour sauver ce qu’il lui reste d’amour propre.

Dans un espace presque vide qui évoque le théâtre côté scène, coulisses et salle, la scénographie signée Laurent Pelly et Matthieu Delcourt s’amuse à désorienter les personnages et, souvent, les spectateurs… Qui sera la prima donna ? Sur scène, un casting ébouriffant pour répondre à la question, dont Natalie Dessay et les instrumentistes de l’ensemble baroque Masques dirigé par Olivier Fortin.

D’après ‘L’Impresario de Smyrne’ (1759) et ‘Le Théâtre Comique’ (1750) de Carlo Goldoni 

Traduction et adaptation Agathe Mélinand

Mise en scène et costumes Laurent Pelly

https://www.athenee-theatre.com/saison/spectacle/limpresario-de-smyrne.htm

L’Azimut

Al fondo Riela (Lo Otro del Uno)

Le flamenco libre et radical d’une danseuse magnétique. Des notes de guitare résonnent sur la scène plongée dans la pénombre. Impériale, Rocío Molina s’avance, vêtue d’une somptueuse jupe noire aux reflets scintillants. Tandis que des images de vagues envahissent le plateau, elle ondule, tournoie et déploie sa danse, un flamenco libre, virtuose et magnétique. Acclamée en Espagne et dans le monde, Rocío Molina est la star de cette nouvelle génération de danseurs qui a profondément renouvelé le flamenco. Pour cette pièce extraite d’une trilogie dédiée à la guitare, elle s’entoure de deux guitaristes d’exception. Qu’elle les défie avec ses claquettes ou danse en parfaite harmonie avec la musique, elle dessine les contours d’un rituel habité et sublime, magnifié par des costumes et des lumières exceptionnels.

Danseuse : Rocío Molina

Comédie-Française

Lucrèce Borgia

Cette pièce a été créée en 2014 et jouée pour le première fois en salle Richelieu sous la direction de Denis Podalydès. Toujours donnée en représentation aujourd’hui, cette pièce dénonce les mœurs dissolues de toute une famille redoutée en Italie du XVIe siècle : les Borgia.
“Et maintenant mêlez à toute cette difformité morale un sentiment pur, […] le sentiment maternel ; dans votre monstre, mettez une mère ; et le monstre fera pleurer”, peut-on lire dans la préface. Venez “descendre dans ce gouffre d’ombre qu’est Lucrèce Borgia, tragédie ambivalente et subversive, sorte de monstre de beauté comme d’inconvenance”.
Entre drame romantique et humour caustique, venez découvrir cette œuvre en Salle Richelieu. Pour être déjà allé la voir, je la recommande vivement. Elle surprend en tout point.

Metteur en scène : Denis Podalydès
Scénographie : Éric Ruf
Gubetta : Thierry Hancisse et Christian Hecq
Dona Lucrezia Borgia : Elsa Lepoivre
Gennaro : Gaël Kamilindi

Trois Fois Ulysse

Pour interroger notre rapport au temps et à nos inconscients collectifs, Laëtitia Guédon, metteuse en scène et directrice des Plateaux Sauvages à Paris, s’appuie depuis longtemps sur les figures mythologiques, issues des grandes épopées que sont L’Illiade et L’Odyssée.
Trois fois Ulysse interroge la figure du héros à travers trois rencontres avec de grandes figures féminines. D’abord, la vieille reine de Troie, Hécube, qui lui est promise après la défaite de sa cité, le mettra face à sa violence. Ensuite, la femme mystérieuse, aimée et quittée pour repartir sur la mer pourpre, la mer de tous les dangers. Enfin Pénélope, demeurée dans la splendeur de sa jeunesse, comme si elle était restée figée dans l’attente d’Ulysse, ou fidèle à son désir. Aux côtés des trois couples d’acteurs et d’actrices, le chœur Unikanti émaillera cette pièce opératique, au croisement du théâtre et de l’oratorio.

Mise en scène : Laëtitia Guédon
Ulysse : Éric Génovèse, Sefa Yeboah, Baptiste Chabauty
Pénélope : Marie Oppert
Calypso : Séphora Pondi
Hécube : Clotilde de Bayser

L’IVT (International Visual Theatre)

Tellement sympa

Bien que la parole ait commencé à se libérer avec #metoo et #balancetonporc, les violences conjugales restent taboues. Elles ont lieu dans la sphère privée, le foyer, lieu refuge, des processus d’emprise se mettent en place et enferment les victimes dans la peur, la honte et la culpabilité. Cela touche un nombre considérable de personnes, sans distinction d’âge, de classe, de culture ou d’environnement. Il s’agit ici de rendre visible une réalité qui se produit aussi dans les petites communautés où il peut être plus difficile de s’exposer car tout le monde se connait. Libérer la parole des sourdes dans une société qui n’a pas les moyens de les écouter. Le spectacle sera systématiquement suivi d’échanges sur les thématiques de l’éducation sexuelle, du sexisme, de la violence… en partenariat avec l’association Femmes sourdes citoyennes et solidaires (FSCS).

Coproduction : Théâtre du Point du Jour
Écriture, scénographie et mise en scène : Jennifer Lesage-David
Avec Emmanuelle Laborit, Isabelle Voizeux, Virginie Lasilier et Isabelle Lelièvre

Un océan d’amour

Deux employés en blouse grise, d’une quelconque administration, façonnent des bateaux en papier à longueur de journée. Au détour d’une feuille, ils plongent dans un univers décalé où le papier dans tous ses états laisse libre cours à leur imagination. Ces deux grands enfants nous entraînent alors dans une aventure burlesque qui se passerait au large des côtes bretonnes. Chaque matin, Monsieur part pêcher, mais ce jour-là c’est lui qui est pêché par un effrayant bateau-usine. Pendant ce temps, Madame attend. Convaincue que son homme est en vie, elle part à sa recherche ; c’est le début d’un périlleux chassé-croisé, sur un océan dans tous ses états. Une histoire muette avec moult mouettes. « Un océan d’amour », odyssée épique, poétique et marionnettique, est une adaptation à la scène de la BD de Grégory Panaccione et Wilfrid Lupano. Nous plongeons dans une aventure burlesque où il est question d’amour et de routine, du temps qui passe, de solitude, de pollution, de société de consommation, de tempête et de ressac, de pensées insignifiantes qui deviennent de grandes idées.

Compagnie La Salamandre

La Reine Blanche

Ce qu’il faut dire

“Comment fraterniser dans un pays où les héros des uns sont les bourreaux des autres ?” Que signifie être ​“blanc” ou ​“noir” ? Qui a décidé que ​“l’Afrique” se nommerait ainsi ? Ce qu’il faut dire est une prise de parole directe pour aller au fond des choses : la relation entre l’Occident et l’Afrique, la relation à sa couleur de peau, la relation à l’autre. Entre théâtre et concert, entre intime et politique, ce spectacle percutant est un chant, une célébration de la relation humaine loin de toute forme de domination.

Karine PEDURAND et Triinu TAMMSALU
Texte : Léonora MIANO
Mise en scène : Catherine VRIGNAUD COHEN
Production : Compagnie Empreinte(s)

Prix No’bell

Jocelyn Bell fait sa thèse en astrophysique, à Cambridge, sous la direction d’Anthony Hewish, à la fin des années soixante. Elle est brillante, mais souffre du « syndrome de l’imposteur ». Elle le confie à sa colocataire et amie, Janet, étudiante en théologie. Elle découvre les «pulsars», mais peine à convaincre son patron de l’intérêt de ses observations. Pourtant c’est à lui seul que le comité Nobel attribuera la paternité de cette découverte en 1974.

Texte : Elisabeth Bouchaud
Mise en scène : Marie Steen
Acteurices : Clémentine Lebocey, Roxane Driay et Benoit Di Marco

T2G (Théâtre de Gennevilliers)

La Septième

Si nous pouvions avoir plusieurs vies, qu’en ferions-nous ? Marie-Christine Soma s’empare de la dernière partie du roman « 7 » de Tristan Garcia – le récit d’un recommencement, mais aussi d’un amour fou et une métaphore du mystère de l’acteur. Une réflexion existentielle où la puissance du fantastique se mêle à la réalité pour raconter la vie d’un homme sans nom au destin extraordinaire, celui de traverser sept vies en gardant en mémoire chacun de ses chemins précédents. Seul en scène, le comédien Pierre-François Garel, accompagné de vidéo, tente de donner un sens à chacune de ces existences et de répondre au nécessaire besoin de changement. Son jeu à la force troublante, empreint autant de fièvre combattive que de déchirante mélancolie, décline toute l’ébullition du personnage. Fantasme universel, le désir d’éternité fait écho aux turbulences de notre société délétère dans une France en crise. Dans une vision à la fois mélancolique et joyeuse de la condition humaine, ce conte métaphysique nous plonge intensément dans le vertige du texte, passant de l’exaltation à une profonde désillusion de cet éternel recommencement.

Histoire : Tristan Garcia
Mise en scène : Marie-Christine Soma
Comédien : Pierre-François Garel

Groove

Qu’est-ce que le groove ? Ce solo énigmatique, qui le définit à sa manière, témoigne d’une urgence : celle d’écrire, de figer un mouvement dans la postérité. Soa Ratsifandrihana propose une exploration sensible de la notion de groove, où la souplesse des mouvements rejoint celle de la musique aux sonorités hip-hop et électronique. La danseuse et chorégraphe franco-malgache convoque un héritage qui va des danses familiales à l’univers contemporain d’Anne Teresa De Keersmaeker. Nourri d’une collection de références foisonnantes, notamment visuelles, la pièce minimaliste à la gestuelle tranchée les articule avec habileté pour faire monter l’énergie au fur et à mesure. Dans une scénographie quadri-frontale, le public profite pleinement d’une expérience immersive et communicative, dans laquelle l’esprit du rythme se déploie irrépressiblement. Une invitation à retrouver le plaisir de « groover » !

Soa Ratsifandrihana

Maya Deren

Qui se souvient de Maya Deren ? Née en Ukraine en 1917, mais partie tout enfant aux États-Unis, elle a été l’une des grandes figures de l’avant-garde artistique de son temps. Réalisatrice expérimentale, elle fut aussi chorégraphe et inventa une nouvelle discipline : la vidéodanse. Prenant pour anecdote la découverte d’un clip de Beyoncé, Anna Chirescu, Baudouin Woehl et Daphné Biiga Nwanak s’appuient sur les écrits théoriques de Maya Deren pour explorer les rapports que les corps entretiennent avec les images. Ils incarnent ainsi des figures dont le mouvement, la parole et l’imagination sont travaillés par la technique, et ils déploient les promesses d’une pensée qui eut pour ambition de remonter le temps et de bouleverser l’Histoire.

Daphné Biiga Nwanak et Anna Chirescu
Mise en scène, dramaturgie, texte et costumes : Daphné Biiga Nwanak et Baudouin Woehl

Lavoir Moderne Parisien

Maladie de la jeunesse

Une résidence étudiante. Entre les murs de la chambre de Marie, sept jeunes adultes se confrontent à ce qui pourrait être l’origine de la violence : ce besoin universel et monstrueux de domination.

Compagnie À bout de souffle

Mise en scène Olivier Hamelin

Texte Ferdinand Bruckner

Assistante mise en scène Emeline Weickmans

Avec Léona Bernard, Alexis Cavanna, Sophie Condette, Olivier Hamelin, Thomas Sagot, Milena Sansonetti, Emeline Weickmans

https://lavoirmoderneparisien.com/programmations/maladie-de-la-jeunesse/

Peut-être que j’ai dormi

ur scène, une chaise et un micro sur pied, quelques accessoires, des bribes d’objets au sol, des restes de costumes de music-hall, suspendus, comme oubliés ou en attente eux aussi. Un accordéon blanc, un seau. Ainsi commence Peut-être que j’ai dormi.

Avant que le public n’entre, avant que les portes ne se ferment, que les lumières ne s’éteignent et que chacun tente d’y voir mieux dans le noir ; Albertine Lumière apparait dans la pénombre du théâtre, elle s’adresse au régisseur, répète les gestes, les mots, elle attend. Ce soir, elle jouera « Miss Gariguette ramène sa fraise », mais pour l’heure, elle se prépare à ce rendez-vous pas comme les autres, avec les autres, refaisant le monde, son monde dans les derniers instants qui la séparent de l’entrée du public. 

Au cœur de cette attente, comme une réponse à un monde trop sérieux, une autre parole a lieu. On pourrait dire un one-woman show d’avant le show.

Quel est le lieu d’absence qui nous lie aux autres ? Quelle place donne-t-on à notre part manquante ? Que nous laisse les racines d’une terre qui nous a vu naitre ?

Le théâtre nait dans cet entre-deux, où, comme dans la vie, tout peut basculer d’un moment à l’autre.

Texte, mise-en scène et jeu Valérie Vinci

Regard extérieur Patricia Thévenet

https://lavoirmoderneparisien.com/programmations/peut-etre-que-jai-dormi/

Léviathan

Réécriture du mythe de Cassandre, Léviathan est le récit d’une femme qui cherche à comprendre les mécanismes de la violence, en temps de guerre comme en temps de paix. 

Ici, à travers une esthétique brute et symbolique, la parole retrouve sa fonction originelle de Catharsis : parler pour soigner, parler pour guérir. Une violoncelliste au plateau accompagne le flot violent en y mêlant folie, douceur et poésie. 

Ecriture et mise en scène Gwendoline Destremau

Musicienne au plateau Ariane Issartel

Comédienne Clara Koskas

https://lavoirmoderneparisien.com/programmations/leviathan/

Mère

MÈRE, c’est une satire économico-familiale.

Un stage sur les relations mères-filles.

Six femmes. Ou plutôt, six filles. Une médiatrice implacable, et son assistante un peu trop enthousiaste, chapeautent quatre jeunes femmes venues régler leurs problèmes avec cette figure maternelle. Dans leurs quêtes de résolutions, elles s’aventurent sur une réflexion autour de la redevabilité et du travail gratuit, créant des parallèles entre économie domestique et économie politique. Certaines se transforment en expertes-comptables obsédées par les chiffres et les reconnaissances de dettes quand d’autres tentent de renverser l’ordre établi par la médiation.

Combien ça coûte ?

Comment quantifier le bonheur familial ?

La tendresse ? Le soin ?

En cherchant à trouver un rapport tarifé à tout, elles embarquent le public avec humour. Interrogeant les inégalités de richesses au sein des familles, le spectacle tente peu à peu d’offrir de nouvelles représentations à ce mot abondamment examiné: MÈRE.

Écriture et mise en scène Ambre Matton

Avec Camille Arrivé, Carla Gauzès, Ambre Matton, Rosa Pradinas, Raphaëlle Simon, Mathilde Wind

https://lavoirmoderneparisien.com/programmations/mere/

Théâtre du Point-Virgule

L’Avare – Molière


Harpagon est un homme si pingre qu’il ne dit jamais : « Je vous donne » mais : « Je vous prête le bonjour ».

« Au voleur, au voleur, à l’assassin, au meurtrier. Justice, juste Ciel. Je suis perdu, je suis assassiné, on m’a coupé la gorge, on m’a dérobé mon argent.
Allons vite, des commissaires, des juges, des potences, et des bourreaux. Je veux faire pendre tout le monde, et si je ne retrouve mon argent, je me pendrai moi-même après. »

https://www.lepointvirgule.com/event-pro/avare-moliere/

Théâtre de la Ville – Paris

Crystal Site, Jonathon Young

APRÈS S’ÊTRE CRÉÉ UN THÉÂTRE DE DANSE QUI LUI EST PROPRE, CRYSTAL PITE ABORDE LE CHAMP DE L’INTIME, NOS CONFLITS ET NOS CONTRADICTIONS, AVEC LA MAÎTRISE ET L’IRONIE QU’ON LUI CONNAÎT.

Forte d’une rigueur acquise chez William Forsythe, la Canadienne crée une danse-théâtre qui peut laisser le spectateur en état de choc. On n’est pas près d’oublier ses Betroffenheit, Revisor et autres pièces coup-de-poing. Car Crystal Pite et son co-auteur Jonathon Young mettent leur esprit acéré au service d’un nouveau type de récit en corps et en gestes. Dans leur nouvel opus, ouvert aux mythes et traversé par les peines de l’exil, ils dévoilent notre besoin d’être unis entre semblables, pour renégocier la fragile lisière entre solidarité en communauté et abandon volontaire de la conscience individuelle.

En anglais – Surtitré en Français

https://www.theatredelaville-paris.com/fr/spectacles/saison-2023-2024/danse/crystal-pite-jonathon-young-assembly-hall

Zoo ou l’assassin philanthrope

En une controverse passionnante, à la fois profonde et fantastique, Zoo interroge notre humanité et ses origines. Organisant les débats sous forme d’enquête, elle voit bientôt la notion de « race » et ses corollaires douteux s’inviter dans les échanges. Le roman s’inscrit pleinement dans les oeuvres nées des grands drames du XXe siècle et de la révélation de leurs atrocités, tout en anticipant, à l’image de fables visionnaires et dystopiques, les questions contemporaines liées à l’anthropocentrisme et au transhumanisme.

Texte Vercors
Mise en scène Emmanuel Demarcy-Mota

D’après « Zoo ou l’Assassin philanthrope » et « Les Animaux dénaturés » de Vercors 

https://www.theatredelaville-paris.com/fr/spectacles/saison-2023-2024/theatre/zoo-ou-lassassin-philanthrope

Juliet & Romeo

Conception de Ben DUKE

Le romantisme peut-il survivre à la crise de la quarantaine? Juliette et Roméo reviennent sur les traces de leur passion perdue, cherchant à comprendre pourquoi elle leur a échappé. Leur drame, c’est que toutes les pièces de théâtre, toutes les notes de musique et tous les ballets en leur nom les renvoient à l’amour absolu qu’ils incarnent aux yeux de tous. Maniant aussi bien la langue de Shakespeare que la plus triviale des disputes, les deux interprètes portent à la perfection l’écriture ciselée et l’humour crépitant de Ben Duke.

En anglais, surtitré en français

https://www.theatredelaville-paris.com/fr/spectacles/saison-2023-2024/danse/ben-duke-juliet-romeo

Pepe chat ou comment Dieu a disparu

Imprégnée du besoin de beauté, d’images grandioses et de splendeur musicale, la jeune artiste Lisaboa Houbrechts respire les grands gestes. L’histoire familiale qu’elle remonte nous transporte des années 1940 aux années 1970 à travers une multiplicité de fragments d’histoires, grands et petits, où les abus sexuels sinuent de génération en génération. Au rythme de l’oratorio de Bach, les entrailles de la violence intrafamiliale et la condamnation d’une certaine représentation divine, étroitement liée à celle d’une masculinité stéréotypée, se télescopent en d’étranges et puissants tableaux.

En néerlandais, français, allemand, surtitré en français

https://www.theatredelaville-paris.com/fr/spectacles/saison-2023-2024/theatre/pepe-chat-ou-comment-dieu-a-disparu

Botis Seva

Au sein de son collectif Far From The Norm (Loin de la norme), Botis Seva déconstruit les vocabulaires des différentes Street Dance comme la danse break, le popping, mais aussi le krump et la house, créant un nouveau théâtre de danse hip-hop. Son aventure, commencée dans une maison de quartier londonienne, le mène jusqu’à la consécration: un Olivier Award de la meilleure production chorégraphique en 2019. Avec Until we Sleep, Botis Seva déterre les secrets de l’époque coloniale qui continuent de bouleverser les relations communautaires et générationnelles, en quête de quiétude derrière la beauté apparente du chaos.

https://www.theatredelaville-paris.com/fr/spectacles/saison-2023-2024/danse/botis-seva-until-we-sleep

Plusieurs

C’est un dialogue entre deux acteurs. Ils ont le même âge, mais l’un d’eux pèse six cents kilos et vieillit trois fois plus vite que son partenaire. Depuis leur rencontre au sein du Théâtre du Centaure, Bertrand Bossard et Akira sont inséparables. On parlerait presque de rapport amoureux. En mettant en scène l’amitié entre un humain et un cheval, avec leurs petites chamailleries mais surtout une grande complicité, ce spectacle offre un exemple charmant et drôle d’une relation constructive avec le vivant. Car Akira n’est pas seulement un performeur hors pair, toujours prêt si le coeur lui en dit à pousser la chansonnette, il exprime aussi son opinion plutôt critique sur les dégâts infligés par l’homme à la planète.

https://www.theatredelaville-paris.com/fr/spectacles/saison-2023-2024/theatre/plusieurs

Philharmonie de Paris

Beethoven / Missa Solemnis

La Missa solemnis ? « Une œuvre monumentale dans laquelle Beethoven traite de la plupart de ses sujets de prédilection : l’universalité, les croyances, mais aussi les doutes et la souffrance engendrée par ces doutes », résume Jérémie Rohrer. 

Commencée en 1818, promise pour 1820, achevée en 1823, partiellement créée en 1824 mais seulement publiée en 1827, la Missa solemnis valait la peine d’attendre. L’histoire de la musique n’a sans doute rien engendré de tel depuis la Messe en si de Bach, dont le grand Ludwig aurait aimé s’inspirer. Il échoua cependant à s’en procurer une copie. Si le compositeur croit dur comme fer au Très-Haut – « Je l’ai servi depuis mon enfance, je me suis confié à lui, j’ai fait tout le bien que j’ai pu, je me confie encore à lui, entièrement et uniquement » –, la portée de son monument reste universelle. Ou, pour le dire comme Vincent d’Indy un siècle plus tard, « c’est le genre humain tout entier qui implore la miséricorde divine. »  

https://philharmoniedeparis.fr/fr/activite/concert-symphonique/26484-beethoven-missa-solemnis

Orchestre de Paris / Klaus Makela

Captivant jeu d’ombres et lumières dans ce programme où le voyage nocturne de Schönberg, explorant les limites de la passion, prélude à la fresque ardente, mais baignée de clair-obscur, que Mahler consacre à la vie idéale.

Originellement pour sextuor à cordes, La Nuit transfigurée est l’œuvre d’un Schönberg de vingt-cinq ans, dont le postromantisme se débat encore avec les grandes ombres de Brahms et Wagner : des échos de Tristan percent dans cette œuvre fondée sur un poème de Richard Dehmel, odyssée nocturne dans laquelle une femme avoue à son amant qu’elle attend l’enfant d’un autre.

Après cette nuit d’instabilité et de paroxysme, la Symphonie n° 4 de Mahler apparaît de prime abord plus lumineuse, avec son climat pastoral, sa méditation sur l’enfance comme état de béatitude et paradis perdu, qui culmine dans le somptueux Lied du quatrième mouvement, Das himmlische Leben, « La Vie céleste ». Cependant, même égayée par la danse ou spiritualisée par l’élévation mystique, la lumière mahlérienne est toujours tamisée d’inquiétude, de grotesque et d’ironie. Un violon accordé un ton trop haut dans le deuxième mouvement, et c’est la mort qui s’invite, avec son pas sarcastique, au bal de l’insouciance…  

https://philharmoniedeparis.fr/fr/activite/concert-symphonique/26807-orchestre-de-paris-klaus-makela

Messe en UT

L’Orchestre national d’Île-de-France et le Chœur de Radio France dans l’un des chefs-d’œuvre de la musique de Mozart, la Messe en ut, avec un quatuor de solistes de haut vol.

On se demande pourquoi la Messe en ut de Mozart est restée inachevée (il y manque de grandes portions du Credo ainsi que l’Agnus Dei), tant les parties qui ont été composées témoignent d’une inspiration sans faille. Utilisant à plein les ressources du chœur et de l’orchestre, elle ménage aux solistes des ensembles savamment ciselés ainsi que des parties solo qui sonnent parfois presque opératiques. Elle est l’occasion de mettre en valeur les timbres vocaux de la jeune garde de chanteurs mozartiens, dont les Français Jean-Gabriel Saint-Martin et Marie Perbost, qui a été nommée « Révélation » lors des Victoires de la musique classique 2020 dans la catégorie « Artiste lyrique ». En introduction au concert, une nouvelle œuvre de Carlos Izcaray, passé par le programme vénézuélien El Sistema et maintenant chef d’orchestre aux États-Unis.

https://philharmoniedeparis.fr/fr/activite/concert-symphonique/26205-messe-en-ut

Théâtre Paris-Villette

Il faudra que tu m’aimes le jour où j’aimerai pour la première fois sans toi

C’est l’anniversaire de Lo. Une bougie brûle sur un gâteau mais toute la famille Tardi Muller retient son souffle. Que leur est-il arrivé ? La scène se rejoue, se distord, se débat et nous entraine dans leur incroyable passé : notre futur.

Il faudra que tu m’aimes le jour où j’aimerai pour la première fois sans toi est un conte absurde, poétique et déjanté sur un monde en pleine crise d’adolescence. Une famille, deux adolescentes, trois histoires d’amour, un lycée exsangue aux professeurs follement baroques et tristement dépassés, le dernier hamster russe de toute l’histoire de la Terre, une arme chargée, la main d’un jeune homme, la première fois, et tout au fond là-dedans, un bout de ce qu’on pense être la maternité, le devoir de parent et celui d’enfant.

Comment se reconstruire et reconstruire sa famille sur les ruines d’une civilisation que l’on croyait bâtir ?

https://www.theatre-paris-villette.fr/spectacle/il-faudra-que-tu-maimes-le-jour-ou-jaimerai-pour-la-premiere-fois-sans-toi/

Le Mensonge

Le Mensonge est l’histoire délicate d’une petite fille qui a menti un soir à table. En entrant dans sa chambre, elle retrouve son mensonge sous la forme d’un rond rouge. Le lendemain à son réveil, ce rond est encore là, insistant, ineffaçable, le soir au coucher il est toujours là. Au fil des jours, ce rond va gonfler, se multiplier, envahir son espace, allant jusqu’à l’empêcher de bien respirer.

Les spectateurs plongent dans le monde intérieur de cette petite fille, où un petit grain de sable va devenir une montagne, dans son obsession tournoyante pleine de champignons vénéneux, de rêves, d’hallucinations, de cauchemars.

De ce mensonge, on ne saura pas un traître mot. Ça se joue au corps à corps entre elle et lui, mais ça pourrait se jouer entre tous les menteurs et tous les mensonges du monde…

https://www.theatre-paris-villette.fr/spectacle/le-mensonge/

Châtillon-Clamart

Futur

Le Groupe Fantôme vous parle depuis le futur. Un futur où, contre toute attente, tout se passe merveilleusement bien. Mais ce que vous verrez sur scène se passe aujourd’hui. C’est l’histoire du parcours qui a conduit Clément, Paul et Romain jusque-là. Ils vous le racontent pour que ce futur advienne.

Avec l’Utopie comme point de départ, le travail du Groupe Fantôme nous emmène dans un futur dans lequel le rationnel et l’irrationnel s’entremêlent, se confondent, ne font qu’un. Comme interroger le futur pour mieux voir, écouter, analyser le présent. 

« La description du point d’arrivée n’est pas la finalité du spectacle car c’est un exercice irréalisable. Nous aimerions plutôt penser les possibilités d’un changement de paradigme qui permettrait de nous diriger vers un monde meilleur. »

https://www.theatreachatillon.com/lagenda/futur

Rest and Watch

Quel futur pour nos enfants ? Auteur, metteur en scène et jeune père de famille, Jean Bechetoille imagine une épopée familiale et musicale quelque part en Bourgogne entre 2021 et 2055. Une fable dystopique et réjouissante du monde d’après ! 

Nés en 2020 en pleine crise sanitaire, Aliocha et Serge sont deux enfants qui avec leurs parents et un fantôme forment une communauté amicale, artistique et familiale et refont société à l’écart du monde. Un monde loin du monde, peuplé de faisans et de hérissons où la seule activité semble être le ramassage de noix, ou parfois le théâtre.   

Adeptes du Rest and watch (littéralement Repose toi et regarde), doctrine économique, politique, sociale et philosophique, développée dans les années 2040 et qui prône le repos total de l’espèce humaine, Aliocha et Serge se heurtent quotidiennement au monde construit et transmis par leurs parents. Comment faire du théâtre sans public ? Comment aimer sans partenaire ? Comment se débrouiller avec ses désirs, ses jalousies, son ennui ?  

Avec acuité et un grand sens de la dérision, Jean Bechetoille nous interroge sur notre manière d’être ensemble, de faire communauté, quitte à emprunter parfois des chemins de traverse pour échapper aux accommodements avec la vérité qu’impose bien souvent la famille.

https://www.theatreachatillon.com/lagenda/rest-and-watch

L’enfant

Pour ce deuxième rendez-vous avec le Théâtre de l’Entrouvert, Elise Vigneron adapte librement la pièce “pour marionnettes” de Maurice Maeterlinck, La Mort de Tintagiles.  

L’Enfant transforme ce conte noir et énigmatique en une traversée immersive et fantastique, une ode à la révolte à travers le parcours initiatique du personnage principal Ygraine, qui face au retour inattendu de son jeune frère Tintagiles, renversera l’ordre établi, brisera les frontières et pénétrera là où les vivants n’ont pas accès afin d’entrevoir le monde infini du domaine des ombres.  

Dans une mise en scène créant un espace organique qui parle à tous les sens, la marionnettiste plasticienne manipule la simplicité brute des éléments et suscite une poésie saisissante, à la fois visuelle et littéraire. Dans un espace scénique éclaté, elle trouble nos habitudes de spectateurs, tout en nous rapprochant de l’action. Espaces labyrinthiques, scénographies éphémères, figures animées, vibrations sonores, sont autant d’éléments qui nous plongent dans un monde en perpétuel surgissement, en constant devenir, et qui métamorphosent notre perception du réel.  

Une expérience intense et intime qui abolit nos frontières sensorielles.

https://www.theatreachatillon.com/lagenda/lenfant_1

Tom na Fazenda

Dévasté par la mort de son amant, Tom, jeune citadin, se rend pour la première fois dans la famille de ce dernier. Dans une ferme isolée, il fait face à une mère dans le déni et à un frère rustre et brutal. 

Après la mort de son compagnon, le publicitaire Tom se rend dans la ferme de la famille pour les funérailles. Lorsqu’il arrive, il se rend compte que sa belle-mère n’a jamais entendu parler de lui et ne savait rien de l’orientation sexuelle de son fils. Dans cette atmosphère rurale austère, Tom est pris dans une toile de mensonges créés par le truculent frère du défunt, établissant alors avec la famille des relations de dépendance compliquées. La ferme, petit à petit, devient le scénario d’un jeu dangereux, où plus la proximité entre les personnages se développe, plus forte se tourne l’ombre de leurs contradictions. 

Dans cette mise en scène au goût de terre du brésilien Rodrigo Portella, le sang et la boue souillent les mots et magnifient les corps des personnages transfigurés par les émotions. Couronné par de nombreux prix internationaux, le spectacle révèle la grandeur tragique universelle du texte de Michel Marc Bouchard, celle d’hommes et de femmes dans le monde entier obligés d’apprendre à mentir avant même d’apprendre à aimer.

https://www.theatreachatillon.com/lagenda/tom-na-fazenda

Ceci est mon corps

Spectacle choral résolument féministe, parfois sur le fil de la performance, Ceci est mon corps est un spectacle fragmentaire sur l’injonction à l’hétérosexualité et l’invisibilisation lesbienne. L’histoire d’une mutation, d’un dédoublement, d’une mue aussi âpre que délicate, racontée en direct, avec humour, sincérité et tendresse. 

Quand elle était enfant, c’est sûr, elle n’était ni vraiment petit garçon, ni résolument petite fille. Elle était chevale sauvage ! Puis, à huit ans, elle s’est prise pour Esmeralda dans le Bossu de Notre-Dame et à neuf, elle est tombée amoureuse d’une enfant de chœur. Elle a appris, en cinquième, qu’il ne faut jamais prononcer à voix haute le mot « gouine » et au lycée que l’orgasme ne ressemble pas à ce qui est raconté dans le supplément d’été « spécial sexe » de Elle Magazine. Un jour, elle a lu Belle du Seigneur et elle s’est dit que c’était ça. L’Amour. 

A la frontière de la pop-culture, de l’auto-fiction et de la sociologie du genre, Ceci est mon corps est une enquête menée avec fougue, intensité et drôlerie par deux interprètes pour relater l’histoire du corps d’une femme née dans les années 1990. Parcourir les désirs, les violences, les joies et les aspérités qui le traversent. 

Découvrir aussi ce qui surgit, à l’orée de la trentaine, quand ce corps devient un corps lesbien. 

https://www.theatreachatillon.com/lagenda/ceci-est-mon-corps

Théâtre des Champs-Elysées

Nobuyuki Tsujii – Piano

Le rendez-vous du pianiste japonais, aveugle de naissance, avec le public parisien profondément ému par cet artiste hors norme, est désormais bien établi. Pour son nouveau concert, Nobuyuki Tsujii poursuit son exploration du répertoire chopinien avec l’intégrale des Impromptus et son hommage à la musique française avec les Estampes de Debussy. Pour les encadrer, il nous offre deux incursions dans un nouveau répertoire : Bach et Rachmaninov. Comme toujours, l’émotion sera à son comble.

Bach  Suite française n° 5 BWV 816
Chopin  Impromptu n° 1 op. 29, Impromptu n° 2 op. 36, Impromptu n° 3 op. 51, Fantaisie-Impromptu op. 66
Debussy  Estampes
Rachmaninov  Six Moments musicaux op. 16

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Taiwan Philharmonic

Le phénomène du piano Khatia Buniatishvili dynamite les codes en proposant des interprétations hors des sentiers battus. Figure incontournable de la scène classique internationale, la virtuose franco-géorgienne se « permet toutes les émotions » et choisit minutieusement les compositeurs de son répertoire. Salué comme l’un des meilleurs orchestres d’Asie, le Taiwan Philharmonic, également connu sous le nom d’Orchestre symphonique national, proposent de nombreuses œuvres variées. Comptant près de 100 musiciens talentueux, l’orchestre interprète un vaste répertoire allant de la musique classique à la musique contemporaine. Depuis un an, son directeur musical Jun Märkl collabore avec de nombreux chefs d’orchestre renommés et solistes internationaux et se produit dans des salles de concert prestigieuses à Taïwan et à l’étranger, contribuant activement à l’enrichissement culturel et musical de la région. Au programme de ce concert, Tao of Meinong, une œuvre contemporaine de Yuan-Chen Li utilisant des éléments de la culture Hakka, suivi du célèbre Concerto pour piano n°1 de Tchaïkovski et enfin la  Symphonie n° 8 de Dvořák.

Yuan-Chen Li  Tao of Meinong
Tchaïkovski Concerto pour piano n° 1 op. 23
Dvořák Symphonie n° 8

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Yoav Levanon – piano

Yoav Levanon est un OVNI de la planète piano. Il est né en 2004, apparaît sur scène dès l’âge de 6 ans, interprète son premier concerto de Rachmaninov à 13, donne son premier récital dans le cadre du festival de Verbier à 15 où il se fait plus que remarquer. On le retrouve deux ans plus tard à Piano aux Jacobins, puis dans le cadre des concerts de la Fondation Louis Vuitton et enfin à Radio France à l’automne 2021 où il présente un programme qui témoigne d’une rare exigence musicale à un âge si jeune (Chopin, Liszt, Ravel…). Rien ne lui fait peur ni ne l’arrête dans son appétit pour l’instrument. Pour preuve, ce récital marquant sa première venue sur la scène de l’avenue Montaigne, où il a composé un programme « Etudes » des plus ambitieux en convoquant Chopin, Schumann et Liszt. Un jeune pianiste de moins de vingt ans à suivre sans modération.

Chopin  Etudes extraites de l’op. 25
Schumann  Etudes symphoniques op. 13
Liszt  Etudes d’exécution transcendante

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Orchestre de chambre de Paris

Si l’Exposition universelle de 1900 attire les regards du monde entier, le coeur de la création musicale bat à Paris depuis déjà plusieurs décennies. Le programme de ce concert éclaire les sources d’inspiration de cette période fastueuse. En se tournant vers l’Orient, les compositeurs renouvellent leur palette sans rien perdre de leur élégance mondaine, ainsi les Mélodies persanes de Saint-Saëns (1870) et l’Orientale de La Tombelle (1888). L’Antiquité inspire des partitions associant mysticisme et sensualité païenne : La Vierge, « légende sacrée » de Massenet (1880), la Danse sacrée de Mel Bonis (1898), ou les Danse sacrée et Danse profane de Debussy (1904). C’est peut-être aux Fêtes Galantes de Verlaine que l’on doit le « Clair de lune » de Debussy (1905), mouvement de la Suite bergamasque orchestrée par Caplet, auteur lui-même d’envoûtantes mélodies d’après Verlaine. En 1913, avant que la Grande Guerre ne mette fin à la Belle Époque, Dubois compose sa Fantasietta avec un art de la couleur typiquement français.

Coproduction Orchestre de chambre de Paris | Palazzetto Bru Zane
Dans le cadre du 11e Festival Palazzetto Bru Zane Paris

Debussy Suite bergamasque  « Clair de lune »
Massenet Expressions lyriques
La Tombelle Orientale
Debussy Danse sacrée et Danse profane
Bonis Danse sacrée
Dubois Fantasietta
Massenet La Vierge
Saint-Saëns Mélodies persanes

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Staatskapelle Dreseden

Richard Strauss et la Staatskapelle Dresden ont été étroitement liés pendant plus de soixante ans. Neuf des quinze opéras du compositeur ont été créés à Dresde, dont Salomé, Elektra et Der Rosenkavalier, tandis que la Symphonie Alpestre a été dédiée à l’orchestre. C’est dire la communion qu’il existe entre les musiciens et le compositeur. Et c’est peu dire qu’il existe la même relation intense entre Christian Thielemann et Strauss, lui qui a dirigé et gravé la plupart de ses grandes œuvres avec une diabolique précision, la plupart d’ailleurs avec la formation de Dresde. La tradition symphonique germanique ne cachait plus depuis Beethoven une tendance particulièrement forte à la diffusion d’idées extramusicales au sein de ses œuvres, elle n’avait cependant pas encore exploité le filon du poème symphonique. Si Liszt est précurseur en la matière, Strauss lui offrira ses lettres de noblesse. En introduction à ce festin straussien, les ouvertures Jubel de Weber et Tannhäuser de Wagner

Weber  Jubel-Ouvertüre op. 59
Wagner  Ouverture de Tannhäuser
Strauss  Ainsi parlait Zarathoustra op. 30
Suite extraite du Chevalier à la Rose

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Olimpiade – Vivaldi

L’Olimpiade fut créé à Venise en 1734, au Teatro Sant’Angelo, sur un livret du poète Métastase d’après Hérodote. Il connaît un succès aussi retentissant qu’immédiat. L’action se déroule près de la ville d’Olympie le jour des jeux. Mais le livret sert avant tout de prétexte à un formidable débordement mélodique où rivalisent amitiés trahies et amours contrariées. C’est l’une des plus belles pages de Vivaldi où l’écriture musicale, constamment renouvelée, sait tirer parti, avec bonheur, de la grande variété des situations dramatiques. Les arias liés aux affetti de l’âme des différents personnages sont superbes, mises en musique dans un style mélodique extrêmement riche et foisonnant de couleurs. Conduit par le maître vivaldien Jean-Christophe Spinosi, on se régale de retrouver l’athlétique Jakub Józef Orliński, aussi à l’aise dans les vocalises que dans l’exercice du break dance. Période olympienne de circonstance, qui sera au final le vainqueur de ces jeux du cœur ?

Jean-Christophe Spinosi | direction
Emmanuel Daumas | mise en scène
Alban Ho Van | scénographie
Raphaëlle Delaunay | chorégraphie 
Marie La Rocca | costumes
Bruno Marsol | lumières

Jakub Józef Orliński | Licida
Marina Viotti | Megacle
Caterina Piva | Aristea
Delphine Galou | Argene
Jodie Devos | Aminta
Luigi De Donato | Clistene
Christian Senn | Alcandro

Ensemble Matheus 
Chœur de l’Académie Haendel Hendrix

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Théatre du Rond-Point

Lettres non-écrites

« Si vous avez un jour voulu écrire une lettre à quelqu’un sans jamais le faire, parce que vous n’avez pas osé, pas su, pas pu, ou pas réussi à aller jusqu’au bout, racontez-la moi et je l’écris pour vous. Si elle vous convient et que vous acceptez, j’en ferai peut-être quelque chose au théâtre. » 

C’est à partir de ce postulat que David Geselson a commencé. Le projet des Lettres non-écrites se poursuit depuis, ville après ville. Il invite pour le Rond-Point de nouveaux spectateurs à lui partager leurs missives le matin même de chaque représentation. Dans la journée, il les écrit. Le soir, il les transmet au public, en y mêlant d’autres lettres, nées d’autres rencontres. Une collection de témoignages bouleversants pour rappeler que le théâtre est un territoire d’invention qui peut porter la parole de chacun.

De plus, David Geselson recherche des volontaires le 5 avril, afin d’écrire leur histoire : « Si vous avez un jour voulu écrire une lettre à quelqu’un sans jamais le faire, parce que vous n’avez pas osé, pas su, pas pu, ou pas réussi à aller jusqu’au bout, racontez-la-moi et je l’écris pour vous.  Si elle vous convient et que vous acceptez j’en ferai peut-être quelque chose au théâtre, étant entendu que toutes les lettres seront rendues anonymes. ». Si vous êtes intéressé.es n’hésitez pas à contacter le BdA.

https://www.theatredurondpoint.fr/spectacle/lettres-non-ecrites/


Théâtre du Soleil

Notre vie dans l’Art

En période de troubles politiques et de tensions mondiales, immanquablement, un gouvernement tentera de forcer ses artistes à prendre son parti, même si cette “prise de parti” va à l’encontre des croyances et des ambitions les plus profondes des artistes. Tous les artistes naviguent sur ces mers. Parfois, ces mers sont calmes, parfois il y a des tempêtes. Dans ces moments difficiles, certains survivront, d’autres capituleront, d’autres encore chavireront.
 
Le sous-titre de Notre vie dans l’Art, Conversations entre acteurs du Théâtre d’Art de Moscou pendant leur tournée à Chicago, Illinois en 1923 reflète l’ambition de la pièce : présenter une série de conversations tenues par un groupe d’acteurs russes au sein d’une compagnie de théâtre, sur le cours d’une journée, alors qu’ils sont loin de chez eux et que des dangers politiques et financiers font pression sur eux de tous côtés.

Il s’agit d’une journée spéciale : le 25e anniversaire de la création de leur théâtre – alors, dans une pension familiale de Chicago, lors d’un dîner de fête et du traditionnel kapustnik, Constantin Stanislavski et ses acteurs mangent, boivent, s’inquiètent, chantent, font des blagues, portent des toasts, s’embrassent, font des sketchs, sans jamais oublier leur situation fragile et précaire, et le futur qui les attend, en Russie ou en Amérique.

Notre vie dans l’Art s’inspire de la tournée historique du Théâtre d’Art de Moscou en Amérique en 1923-1924, où « la compagnie de Stanislavski était attendue avec une impatience fébrile. L’immense théâtre était littéralement bondé jusqu’aux portes, et il y avait un débordement dans le hall — ou plutôt, une cohue de ceux qui ne pouvaient pas obtenir de place debout. À l’intérieur se trouvaient les trois mondes — théâtral, social et russe ». John Cobrin, The New York Times, extrait de sa critique de l’ouverture du Théâtre d’Art de Moscou à New York, le 9 janvier 1923

https://www.theatre-du-soleil.fr/fr/notre-theatre/les-spectacles/notre-vie-dans-l-art-2023-2450

Chaillot – Théâtre National de la danse

Le Chœur

Vous souvenez-vous d’un moment où votre histoire personnelle a rencontré la grande histoire ? C’est la question que Fanny de Chaillé a posée à dix jeunes comédiennes et comédiens issu·es du dispositif Talents Adami Théâtre, cuvée 2020. Leur réponse tient en un geste et un texte viscéralement collectifs, où les souvenirs – frottés au poème Et la rue de Pierre Alferi – s’enroulent en une spirale étourdissante et jubilatoire. Le chœur fait corps et ne laisse tomber personne : chacun son tour se fait coryphée et déroule une histoire, un récit d’apprentissage drôle ou touchant, tandis que les autres l’habitent ou le commentent. Au fil d’un ballet réglé au millimètre, les interprètes s’épaulent et s’entourent, forment un corps collectif mouvant et pulsatile, créent bruitages et ambiance sonore à la bouche, incarnent le mobilier d’un salon avec une épatante application. Déployé en une polyphonie de gestes, sentiments et expériences, Le Chœur est un portrait de groupe et de génération, dont l’énergie, la drôlerie et l’inventivité rassérènent. 

Conception et mise en scène : Fanny de Chaillé Inspiré du poème “Et la rue” de Pierre Alferi extrait de l’ouvrage “Divers chaos” (P.O.L.) avec la promotion 2020 des “Talents Adami Théâtre

https://theatre-chaillot.fr/fr/programmation/2023-2024/le-choeur-fanny-de-chaille

Gounouj

Ses gestes fluides et rythmés attestent d’un habile mélange de danses guadeloupéennes et de techniques contemporaines. Formé par Léna Blou, Léo Lérus a affiné sa danse avec des chorégraphes de premier plan de la scène internationale comme Wayne McGregor, Ohad Naharin ou encore Sharon Eyal. Avec Entropie (2019), il s’inspirait des traditions de sa terre natale, à l’instar du léwoz (évènement culturel où se produit le gwoka, pratique musicale et dansée), et l’associait à des moyens technologiques, pour créer un mode de composition chorégraphique. Gounouj, sa nouvelle création, est une pièce pour quatre interprètes, créée dans un premier temps en pleine nature sur le site protégé de Gros Morne/ Grande Anse, à Deshaies en Guadeloupe. La question d’équilibre et de déséquilibre qui se pose dans cet écosystème constitue la colonne vertébrale du spectacle. Dans cette version pour un plateau de théâtre, il y transpose émotionnellement et physiquement la complexité à vouloir répondre à une telle question, et y développe le concept de bousyè, mot créole décrivant au sens propre l’état d’un crustacé en période de mue.  Au sens figuré, il s’agit de l’acceptation d’une personne de sa propre vulnérabilité face au changement.

Chorégraphie : Léo Lérus en collaboration avec les danseurs Avec Robert Cornejo, Arnaud Bacharach, Andréa Moufounda, Johana Maledon

https://theatre-chaillot.fr/fr/programmation/2023-2024/gounouj-leo-lerus-compagnie-zimarel

RadioLive – La relève

En dix années, le projet Radio Live s’est déployé en une multitude de formes, à la fois portrait de génération(s) et conversation ininterrompue autour des questions de l’engagement et de la transmission des récits. Aujourd’hui, Amélie Bonnin et Aurélie Charon en présentent un nouvel épisode, collectif et féminin, traversé par les souvenirs et traces de la guerre. Au plateau, quatre jeunes femmes venant de Syrie, Bosnie, Ukraine… dont les histoires tissent un récit intime et choral. Avec elles, ce sont des familles, des formes d’engagement et de résistance qui se font jour et dialoguent. En contrepoint, des images filmées dans chacun des quatre pays dévoilent une multitude de visages et de fils tirés entre les générations. En accueillant chaque soir de nouveaux témoins liés à ces récits et des musiciennes en live, La Relève, Les vivantes se renouvelle en permanence. Comme un collectif éphémère et mouvant, résolument tourné vers les vies à venir : celles auxquelles on travaille, celles des générations suivantes. 

Conception, création image et écriture scénique : Aurélie Charon et Amélie Bonnin, Images : Thibault de Châteauvieux, Création musicale et musique live : Emma Prat Régie générale et création lumière : Thomas Cottereau

https://theatre-chaillot.fr/fr/programmation/2023-2024/radio-live-la-releve-les-vivantes-aurelie-charon-amelie-bonnin

Théâtre Gérard Philippe

Neandertal

Neandertal met en scène un groupe de chercheurs qui travaillent sur l’ADN de nos ancêtres et les origines de notre espèce. À partir de ce terrain d’observation où vie et recherche se mêlent, se heurtent et s’alimentent, et où la science fait voler en éclats toute idée de pureté raciale ou ethnique, David Geselson invente un voyage théâtral au cœur du vivant. Qui sont ces femmes et ces hommes qui enquêtent sur l’infiniment petit et replacent l’humain dans un temps infiniment long ? Comment leur intimité influe-t elle sur leurs recherches qui nous disent que nous nous inscrivons dans une longue continuité faite de croisements, de mélanges, de rencontres, de liens et de ruptures ?

Les personnages de Neandertal ont l’espoir de réussir à agir sur le cours de leur existence insatisfaite et sur celui du monde. Parce qu’ils ont affaire à des questions ancestrales, immenses, renouvelées par ce récent accès à l’ADN ancien, ils aspirent à créer un nouveau récit des origines, un nouveau mythe adossé à la science, qui rassemble et répare. Conscients des catastrophes possibles, ils ont néanmoins l’espoir qu’une utopie est réalisable : abolir les hiérarchies entre les peuples et les luttes pour les territoires, revenir à l’idée que nous sommes une seule communauté, celle des humains, et que la seule issue possible pour coexister pacifiquement est la coopération.

David Geselson fouille les territoires de la science, de la filiation, de la relation à l’autre, mêlant précision, humour et lyrisme dans. une écriture d’une extrême délicatesse. Articulant le documentaire et la fiction, il compose ici une fresque sensible, jouant avec des perspectives extrêmes, depuis les microcellules qui nous constituent jusqu’au cosmos qui nous abrite.

Texte et mise en scène de David Geselson avec David Geselson, Adeline Guillot, Marina Keltchewsky, Laure Mathis, Elios Noël, Jan Hammenecker, Peter de Graef et Marine Dillard (dessin au plateau), Jérémie Arcache et Valentin Mussou (violoncelle).

https://tgp.theatregerardphilipe.com/spectacle/neandertal/

La Terre

Après avoir exploré le monde ouvrier avec Le Baiser comme une première chute, adaptation de L’Assommoir de Zola, Anne Barbot s’intéresse au monde rural à travers le quinzième volume de la saga des Rougon-Macquart, La Terre.

Le père Fouan, devenu trop vieux pour continuer à cultiver ses terres, se résigne à en faire don à ses trois enfants : Fanny, mariée à monsieur Delhomme, cultivateur et maire du village ; Hyacinthe dit Jésus-Christ, épicurien et révolté, qui dilapide ses sous au bistrot ; et Joseph dit Buteau, obsédé par l’idée d’être défavorisé.

Cet héritage soulève des questions qui viennent gangrener le clan. Que faire quand on hérite de petites surfaces morcelées, qu’on tire au sort le lot le moins fertile ou qu’on n’a pas la passion de la terre ? Faut-il emprunter, vendre ou introduire des techniques nouvelles ? Les enfants adoptent des solutions que le père peine à comprendre, rétif qu’il est au fond à passer le flambeau. À travers ces conflits générationnels, se cristallisent des enjeux politiques aux résonances contemporaines : quel modèle pour l’agriculture de l’avenir ?

Transformant la figure du paysan en un roi déchu, une sorte de roi Lear des champs, le roman de Zola combine force de frappe réaliste et dimension tragique. Anne Barbot est sensible aux personnages d’invisibles que l’écrivain fait entrer dans la littérature et au mélange d’âpreté et de générosité du monde qu’il décrit. Adepte d’un théâtre en équilibre entre comique et tragique, au plus près du vivant, elle orchestre chez les interprètes un fort engagement émotionnel et physique, à tel point que les corps des comédiens puisent dans la terre toute sa puissance fertile en pouvoir de destruction et sa poésie.

D’après le roman d’Emile Zola, Mise en scène d’Anne Barbot avec Milla Agid, Philippe Bérodot, Benoît Carré, Wadih Cormier, Benoît Dallongeville, Ghislain Decléty, Rébecca Finet, Sonia Georges

https://tgp.theatregerardphilipe.com/spectacle/la-terre/

Maison de la Radio et de la Musique – RadioFrance

Schumann, Concerto pour violoncelle

Robert Schumann aimait s’abriter derrière ses doubles, Eusebius le mélancolique et Florestan le fougueux. Tous deux sont d’ailleurs tapis dans l’ombre du Concerto pour violoncelle et de la Deuxième Symphonie : joie et sérénité sans fard pour le premier, noirceur dépressive dans la seconde, qui rappelle une «période sombre de ma vie » avouait Schumann. On découvre, en préambule, le poème symphonique Miške (Dans la forêt) du compositeur (et peintre) Mikalojus Konstantinas Čiurlionis, un contemporain de Ravel.

Julia Hagen, violoncelle
Orchestre Philharmonique de Radio France
Mirga Gražinytė-Tyla direction

https://www.maisondelaradioetdelamusique.fr/evenement/concert-symphonique/schumann-concerto-pour-violoncelle-grazinyte-tyla-julia-hagen

Bach / Mozart /Pärt

l y a plusieurs manières de vénérer Bach. Lorsqu’il en a la révélation, Mozart, soudain, se met à copier frénétiquement ses fugues. D’autres, dans leur adulation, tordent le cou au cantor – voyez Arvo Pärt. Voilà qui rend passionnante cette remontée dans le temps: la Grande Chaconne pour commencer célestement, puis le Collage sur B-A-C-H de Pärt, histoire de baigner Toccata, Sarabande et Ricercar dans le vitriol, et, enfin, l’olympienne, la véhémente, l’incomparable Quarantième Symphonie d’Amadeus. Quel sera, au milieu d’eux, le parti de la Lituanienne Justė Janulytė ?

JOHANN SEBASTIAN BACH Partita pour violon seul no 2, Chaconne

ARVO PÄRTCollage sur B-A-C-H, Tabula rasa

JUSTĖ JANULYTĖ Confluere (commande de Radio France – création mondiale)

WOLFGANG AMADEUS MOZART Symphonie no 40

Ji-Yoon Park violon
Marc Desmons alto
Orchestre Philharmonique de Radio France
Kristiina Poska direction

https://www.maisondelaradioetdelamusique.fr/evenement/concert-symphonique/bach-mozart-part-kristiina-poska

Bach, Intégrale du Clavier bien tempéré, Livre I

Deux livres, chacun de vingt-quatre préludes et fugues, au profit, indique Bach, de « la jeunesse musicienne avide d’apprendre, et aussi pour le passe-temps de ceux qui sont déjà habiles en cette étude. » Voilà pour l’enjeu théorique et pédagogique. Car c’est bien sûr l’infini qui s’ouvre à l’écoute de ces deux recueils distants d’une vingtaine d’années, qui représentent l’alpha et l’oméga de l’histoire de la musique. Pensés pour le clavecin, ils échoient, en deux soirées, au pianiste russe Andrei Korobeinikov. Il a le souffle requis.

Andrei Korobeinikov piano

https://www.maisondelaradioetdelamusique.fr/evenement/recital/le-clavier-bien-tempere-livre-i/bach-integrale-du-clavier-bien-tempere-andrei

Berlioz, La Damnation de Faust / Opéra en version de concert

Hors les murs – au théâtre des champs élysées

Le premier concert du Jubilé essuie une déferlante Berlioz, avec La Damnation de Faust, ni tout à fait opéra ni tout à fait symphonie, mais « légende dramatique», nous indique Hector B., et dont Marche hongroise, Ballet des Sylphes et Course à l’abîme concourent au miracle de l’hybridation infernale, jamais aussi efficace qu’au concert. Faut-il enfin rappeler que Berlioz, fêté jadis par Charles Munch ou Leonard Bernstein, s’inscrit comme nul autre dans les gènes de l’Orchestre National de France ?

Stanislas de Barbeyrac ténor (Faust), Stéphanie d’Oustrac mezzo-soprano (Marguerite), Jean Teitgen basse (Méphistophélès), Frédéric Caton basse (Brander)
Chœur de Radio France, Josep Vila I Casanas chef de chœur
Orchestre National de France, Cristian Macelaru direction

https://www.maisondelaradioetdelamusique.fr/evenement/opera/jubile-du-national-15/berlioz-la-damnation-de-faust-opera-en-version-de-concert

Théâtre de la Colline

Cavalières

Qui sont-elles ? Et pour qui se prennent-elles ces quatre femmes d’âge et de milieux différents ? Quel est le rapport au cheval ? Sont-elles fougueuses ? Oui, certainement.
Elles ont en commun d’être très « cavalières » au sens d’avoir un comportement impertinent, insolent, audacieux. Et elles montent facilement sur leurs « grands chevaux ». Il ne faut ni les énerver, ni les brusquer.
Elles aiment s’écrire des lettres. Elles aiment raconter des histoires et vont tenter ensemble d’ouvrir une brèche dans le quotidien. Réunies autour de la petite Madeleine et de son handicap, elles vont tour à tour en prendre soin. Elles veulent tout s’autoriser, elles veulent faire parler le mystère et l’absence, provoquer l’inattendu. Serait-ce une suite de Je pars sans moi  ? On n’abandonne pas si facilement la folie ! Mais les suites font souvent dériver pour inventer d’autres histoires. Et toujours laisser la part plus assumée, plus grande à l’improvisation, à ce qui fait que nous sommes debout.
Stand up !

conception et mise en scène : Isabelle Lafon
écriture et jeu : Sarah Brannens, Karyll Elgrichi, Johanna Korthals Altes, Isabelle Lafon

https://www.colline.fr/spectacles/cavalieres

Terrasses

Terrasses retrace les événements de novembre 2015 qui ont frappé Paris. Choisissant de ne pas s’inscrire dans une écriture du témoignage mais dans la possibilité d’une poétique, Laurent Gaudé tresse les voix multiples des victimes, passants, secouristes, policiers, infirmiers, parents, pour construire un chant à opposer à la terreur et célébrer l’humanité restée debout.

L’œuvre de Laurent Gaudé sera présentée pour la première fois à La Colline dans le cadre d’un temps fort qui lui sera entièrement consacré.

texte Laurent Gaudé
mise en scène Denis Marleau
avec Marilou Aussilloux, Daniel Delabesse, Charlotte Krenz, Marie-Pier Labrecque, Jocelyn Lagarrigue, Victor de Oliveira, Sarah Pernod Cavalli, Alice Rahimi, Emmanuel Schwartz, Monique Spaziani, Madani Tall, Yuriy Zavalnyouk et Anastasia Andrushkevich, Orlène Dabadie, Axel Ferreira, Lucile Roche, Nathanaël Rutter de la Jeune troupe de La Colline
 

https://www.colline.fr/spectacles/terrasses

Théâtre Ouvert

L’Âge de détruire

L’Âge de détruire, c’est un thriller du quotidien, le parcours d’émancipation d’une fille, Elsa, à travers les lieux et les objets qui composent le décor et les témoins silencieux de son histoire. 

Justine Berthillot et Pauline Peyrade se retrouvent au plateau pour composer une « lecture – action », forme hybride inspirée de la frontalité de la performance, de l’esthétique de l’installation, du dépouillement de la lecture. Au plus proche de leurs écritures, de la page et du muscle, des gestes et de la littérature, elles portent ensemble l’histoire de la jeune Elsa, victime d’une mère abusive.

Composé en deux parties, le spectacle offre un récit visuel qui nous plonge dans l’appartement de la petite Elsa et de sa mère au moment de leur installation : le portrait d’un lieu et d’une femme en détresse, d’une mère abusive qui peine à habiter son espace de vie.

À l’intérieur de cela, surgit la littérature, frontale et dépouillée, qui explore la mémoire des murs, des corps et des voix qui hantent ces lieux, jusqu’à l’affrontement des deux femmes. Un geste tressé de corps et de mots qui dit les batailles du présent et les gestes d’une fille pour en finir avec l’héritage de la violence.

D’après le roman L’Âge de détruire de Pauline Peyrade (ed. de Minuit 2023, Prix Goncourt du premier roman 2023)

Mise en scène et adaptation Justine Berthillot, Pauline Peyrade

Avec Justine Berthillot, Pauline Peyrade

Chorégraphie Justine Berthillot 

Collaboration à la scénographie James Brandily

Construction Jérémie Hazael-Massieux

Création sonore et régie son Guillaume Léglise

Collaborateurs artistiques Rémy Barché, Mosi Espinoza, Esse Vanderbruggen

Création lumière et régie générale Aby Mathieu

Je vis dans une maison qui n’existe pas

Nikki vit dans une maison qui n’existe pas. Dans la maison qui n’existe pas il y ‘a : Madame Monstre, Les Tout Petits, et Nuage le nuage. Il n’y a pas longtemps Nikki est rentrée dans une grande colère et elle cherche à présent ce qu’elle a perdu : son calme. Nikki doit retrouver son calme et pour ça elle a besoin de Madame Monstre, des Tout Petits et de Nuage le nuage. Sans ça elle ne pourra pas quitter la maison qui n’existe pas et rentrer chez elle… 

Je vis dans une maison qui n’existe pas est un texte entre naïveté d’un conte enfantin et brutalité pragmatique d’une prose directe et crue.

La pièce tisse le portrait de la psyché d’une personne souffrant de troubles dissociatifs de la personnalité et de problèmes de gestion de la colère. Elle ouvre une fenêtre sur la gestion des traumas d’enfance, l’inertie du système psychiatrique et la nécessité de fragmenter sa personnalité pour survivre à un monde où les personnes neuroatypiques se sentent exclu.e.s, indapté.e.s et irrécupérables.

Texte: Laurène Marx

Mise en scène: Laurène Marx, Fanny Sintès

Avec Laurène Marx, Fanny Sintès

Création sonore: Nils Rougé

Théâtre de la Contrescarpe

Jacques et Chirac

Une comédie satirique, drôle et grinçante sur le pouvoir, le mensonge et la République. Un feu d’artifice sur Jacques Chirac, mené à cent à l’heure.

Menteur comme personne et gargantuesque, Jacques Chirac est un être complexe, véritable caractère de théâtre.

JACQUES serre des mains, chérit le fric, tapote le cul des vaches, déconne et adore l’art !

CHIRAC bise les dictateurs, pilonne et pille l’Afrique et finit par avouer ses crimes : c’est un roi nu.

Pour raconter son étonnante histoire, trois comédiens font virevolter plus de vingt personnages : Bernadette, Claude, Mitterrand, Giscard, Sarkozy, Pasqua, Dassault et toute la bande de Jacques Chirac.

Entre les Guignols et Mediapart, ce biopic enjoué aborde les dossiers noirs de la République. On s’étonne… et on rit beaucoup ! Parce que le burlesque n’enlève rien au tragique.

Auteur : Régis Vlachos

Adaptation : Charlotte Zotto

Comédien·nes : Marc Pistolesi, Régis Vlachos, Charlotte Zotto

Mise en scène : Marc Pistolesi

Décor : Jean-Marie Azeau

Lumières : Thomas Rizzotti

Costumes :  Coline Faucon, Louis Antoine Hernandez

Chorégraphie : Mathilde Ramade

Création son et vidéo : Cédric Cartaut

Illustration et graphisme : Emmanuelle Broquin, Cédric Cartaut

Leçons de philosophie très drôles et très sérieuses

“Leçons de philosophie drôles et très sérieuses” par Laurence Devillairs : un spectacle intéractif

Aimer, haïr, refuser, gagner, consentir : quel sens ont nos actes ? Quel sens a notre vie ? La réponse en philosophie.

“Leçons de philosophie drôles et très sérieuses” est la seule conférence de philosophie où c’est la salle qui décide du sujet. Proposez une question, un tirage au sort décidera du reste et la philosophe répondra en direct et sans jargon.

Au cours de ces soirées, Socrate, Descartes, Hegel et les autres viendront répondre à votre question.

Venez curieux, repartez philosophe !

Laurence Devillairs est normalienne, agrégée, docteur en philosophie, enseignante à l’université de Paris Panthéon-Sorbonne.

Mort à Crédit

Mort à Crédit, publié quatre ans après le succès immense du Voyage au Bout de la Nuit, surprend critiques et lecteurs. Avec ce roman au titre énigmatique qui nous immerge dans le monde disparu de son enfance, Céline innove, cherche son style, son rythme, sa « musique ». Il a un seul objectif en tête : faire jaillir l’émotion – le maître mot – dans l’oreille du lecteur.

Mort à Crédit est le grand roman d’apprentissage du XXe siècle, à la fois tendre, burlesque et sans concession sur les hommes et le monde.

C’est aussi, à sa manière, une « recherche du temps perdu » qui parle à notre sensibilité en ravivant l’écho de nos souvenirs d’enfance.

Auteur : Louis-Ferdinand CÉLINE

Adaptation : Géraud BÉNECH et Stanislas de la TOUSCHE

Artiste : Stanislas de la TOUSCHE

Metteur en scène : Géraud BÉNECH

La Chute

Dans son dernier grand récit, Albert Camus dresse l’état des lieux sans concession de « l’homme moderne ». Un texte éblouissant.

« La Chute » est le roman-testament d’Albert Camus. Un an après avoir achevé cette dernière œuvre, il reçut le prix Nobel de littérature.

Dans « La Chute », Jean-Baptiste Clamence se confie à un inconnu, dans un bar douteux d’Amsterdam. Il se présente comme « juge-pénitent », étrange profession consistant à s’accuser soi-même afin de pouvoir devenir juge.

Il se raconte : naguère avocat à Paris, il mena une brillante carrière. Respecté de tous et ayant une haute opinion de lui-même, il se considérait au-dessus du jugement du commun des mortels. En parfait accord avec lui-même, sa vie était une fête, et il était heureux.

Jusqu’au soir où il passa sur un pont duquel il entendit une jeune fille se jeter. Il poursuivit son chemin, sans lui porter secours. Cette chute entraîna celle, morale, de Clamence et marqua le début de sa quête existentielle.

Au travers de son personnage, Albert Camus dépeint l’homme occidental : égoïste, vivant dans le pur divertissement, coupé des notions fondamentales de justice et de responsabilité.

Auteur : Albert CAMUS

Adaptation : Géraud BÉNECH et Stanislas de la TOUSCHE

Artiste : Stanislas de la TOUSCHE

Metteur en scène, création sonore et vidéo : Géraud BÉNECH

L’Incroyable Épopée de François 1er

On lui doit le français, Chambord, la Joconde… François 1er a marqué l’Histoire. Découvrez sa fabuleuse destinée, dans une comédie incroyable, vraie… et drôle !

Pour raconter un personnage aussi coloré, truculent et moderne, il fallait une comédie historique audacieuse et burlesque. Avec «L’incroyable épopée de François 1er», vivez en vous amusant l’incroyable histoire de François 1er : son enfance, l’ascension vers le trône, ses amours, ses batailles et ses rencontres avec Louise de Savoie, Marguerite de Navarre, Marie Tudor, Léonard de Vinci, Henri VIII, Charles Quint…

Tout est incroyable mais bien réel… parfois cocasse et souvent amusant !

Texte et Mise en scène Rémi Mazuel et Alain Péron

Avec Anaïs Alric ou Juliette Stevez, Fanette Jounieaux-Maerten, Rémi Mazuel, Alain Péron ou Corentin Calmé

Scénographie & Costumes : Anaïs Alric

Musique : Yannick Cognet

Odéon – Théâtre de l’Europe

Les Paravents

*Représentation surtitrée en anglais*

Dans Les Paravents, une famille traverse ce qui semble évoquer la guerre d’Algérie. Mais quelle famille ! Une mère, son fils et la bru “la plus laide du pays d’à côté et de tous les pays d’alentour” errent de larcins minables en sublimes traîtrises, tandis qu’autour d’eux la révolution s’organise. Colons et colonisés, civils et militaires, magistrats et prostituées : quelque cent dix personnages défilent en seize tableaux. Dans ce drame insolent et grotesque où “les extrêmes se touchent” (B. Poirot-Delpech), Genet va crescendo vers l’explosion des frontières entre l’ordure et la grâce, l’illusion et la réalité, les vivants et les morts, pour finir dans un grand éclat de rire face à la vanité du monde. 

À sa création à l’Odéon en 1966, cette pièce qui se situe “en-dehors de toute morale” selon Genet lui-même, provoqua une violente bataille entre les défenseurs de l’armée et de l’Algérie française, et ceux de la liberté de création. Presque soixante ans plus tard, Arthur Nauzyciel remonte ce drame fou et monstrueux sur la scène de l’Odéon. Une troupe de seize comédiens porte ce théâtre du corps et de l’artifice. En réactivant la puissance métaphysique et mélancolique de cette œuvre écrite “pour faire rougir les morts”, Nauzyciel fait sien le geste de Genet : transcender le réel par la poésie pour rendre le monde acceptable.

Pièce de Jean Genet

Mise en scène Arthur Nauzyciel

avec Hinda Abdelaoui, Zbeida Belhajamor, Mohamed Bouadla, Aymen Bouchou, Océane Caïraty, Marie-Sophie Ferdane, Xavier Gallais, Hammou Graïa, Romain Gy, Jan Hammenecker, Brahim Koutari, Benicia Makengele, Mounir Margoum, Farida Rahouadj, Maxime Thébault, Catherine Vuillez et la voix de Frédéric Pierrot

Hamlet

Christiane Jatahy s’est fait remarquer par ses adaptations radicales de classiques au prisme d’un alliage unique, qui fait sa signature, entre théâtre et cinéma. Cette fois, la metteuse en scène brésilienne entre dans la tête d’Hamlet. Le héros le plus célèbre de Shakespeare traverse quatre siècles pour atterrir aujourd’hui, sans avoir rien perdu de ses élans, de ses doutes ni de sa complexité fascinante. 

Mais à l’issue d’une si longue histoire, la lutte contre la violence patriarcale du système mis en œuvre par Claudius, Polonius, Rosencrantz et Guildenstern, sera menée par un personnage féminin : Hamlet. Dans le spectacle de Christiane Jatahy, le jeune homme est en effet devenu une femme dans la maturité – tout aussi tourmentée que lui par les fautes du passé, aspirant tout autant changer l’avenir. Parallèlement, Gertrude (sa mère) et Ophélie (sa fiancée), ici fantômes ou projections du désir d’Hamlet, partagent son intimité, la poussent à affronter le passé et à revivre l’histoire – et à changer la leur, en même temps. À travers une mise en abyme vertigineuse où se croisent passé et présent, les trois femmes, porteuses de l’expérience de la tragédie shakespearienne, “chantent, dansent, crient, vivent et débordent cette histoire”, pour affirmer la possibilité d’un autre avenir. 

Comme dans un documentaire, la caméra est à la fois l’outil de la quête de vérité et une arme de défense : à quelles ressources puiser pour passer à l’action et renverser le tyran ? Et la tragédie de Shakespeare de rencontrer la question qui traverse tout le théâtre de Christiane Jatahy : identifier les leviers du changement.

Pièce de William Shakespeare

un spectacle de Christiane Jatahy

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avec Isabel Abreu (Ophelie), Tom Adjibi (Guildenstern), Servane Ducorps (Gertrude), Clotilde Hesme (Hamlet), David Houri (Rosencrantz), Tonan Quito (Polonius), Matthieu Sampeur (Claudius)

Dom Juan

*Représentation surtitrée en anglais*

Héros subversif ou vil prédateur ? Don Juan est une figure de théâtre qui parcourt les époques sous différents visages. Mettre en scène la pièce aujourd’hui, c’est forcément prendre la mesure de ce qui s’est inversé, ces dernières années, quant aux personnages de séducteurs, longtemps objets de fascination voire de célébration dans notre culture… Macha Makeïeff fait jouer ces épaisseurs historiques. Elle déplace la pièce d’un XVIIe siècle où la question du pouvoir religieux est centrale, au siècle suivant, celui de Laclos et de Sade. Cela pour poser frontalement la question du libertinage érotique, à une triple échelle. Celle du XVIIIe siècle : son Don Juan sera obsédé par la transgression et la jouissance, mais aussi traqué par une société dont il veut saper les bases. Celle du (pas si lointain) XXe siècle, pour qui un tel héros, dans toute sa cruauté, peut cristalliser une fascination pour la “part maudite”. Celle enfin du XXIe siècle : le spectacle fera passer les femmes à l’offensive, pour dénoncer les mensonges, postures et manipulations du prédateur. Mais surtout, si Macha Makeïeff, avec tout son sens du comique, a choisi l’œuvre de Molière pour questionner le désir, la cruauté de la domination, le jeu mortel qu’est l’assujettissement, la jouissance jusqu’au Mal et le “mystère masculin”, c’est pour soumettre toutes ces nuances de noirceur aux éclats d’un rire désintégrateur.

Pièce de Molière

mise en scène Macha Makeïeff

avec Xavier Gallais (Dom Juan), Vincent Winterhalter (Sganarelle), Irina Solano (Elvire, le spectre), Pascal Ternisien (Dom Luis, Monsieur Dimanche), Jeanne-Marie Lévy (Une libertine, Musicienne) [mezzo-soprano], Xaverine Lefebvre (Charlotte, Libertine, Le commandeur), Khadija Kouyaté (Mathurine, Une Libertine), Joaquim Fossi (Dom Alfonse, Pierrot), Anthony Moudir (Dom Carlos, Gusman)

Oui

Célie Pauthe et Claude Duparfait partagent de longue date une passion pour l’œuvre de Thomas Bernhard – pour son sens du tragique, pour son humour, pour le combat qu’il mène contre sa propre mélancolie. Ensemble, ils ont déjà mis en scène Des arbres à abattre, célèbre roman du grand auteur autrichien. Cette fois,c’est un court et saisissant récit, Oui, qui a suscité leur désir de théâtre. Deux êtres presque anéantis de solitude dans un village perdu de Haute-Autriche s’y rencontrent : un homme, le narrateur, enfermé dans ses obsessions et sa misanthropie ; une femme, “la Persane”, compagne étrangère d’un riche homme d’affaires venu bâtir, dans un endroit désolé, une maison de béton qui a tout d’une prison. Que se passe-t-il entre eux lors de leurs promenades dans les forêts de mélèzes ? Qu’auront-ils échangé ? Par quel espoir de communauté leur rencontre est-elle embrasée ? Quel miroir se seront-ils renvoyés ? Parviendront-ils à se guérir, à se sauver ? 

Par son écriture hypersensible, musicale, d’une acuité implacable, Bernhard scrute l’élan aussi bien que l’échec qui lient cet homme et cette femme. De cette spirale rétrospective, hantée par la mémoire de la Persane, Célie Pauthe et Claude Duparfait font un spectacle sur le rêve de “l’être vital” – ainsi Bernhard nommait-il l’amie qui accompagna sa vie d’écrivain – sur l’abandon, et sur la charge de cruauté que nourrit toute intimité.

Pièce de Thomas Bernhard

adaptation et conception Claude Duparfait et Célie Pauthe

mise en scène Célie Pauthe

avec Claude Duparfait et à l’image Mina Kavani

Théâtre de Poche – Montparnasse

Les Diaboliques

Faut-il interdire Les Diaboliques, sulfureux recueil de Nouvelles qui menace les bonnes mœurs ? Barbey d’Aurevilly, leur auteur, s’en défend face au juge d’instruction, au nom de la liberté du poète. Christophe Barbier se saisit de cette œuvre culte et théâtralise la polémique autour du thème indémodable de la morale. Désir, adultère, vice, vengeance, crime, décadence prennent vie sous nos yeux voyeurs, dans une farandole menée par quatre audacieux interprètes… pour notre plus grand plaisir !

De Jules BARBEY D’AUREVILLY

Adaptation Christophe BARBIER – Mise en scène Nicolas BRIANÇON

Avec Gabriel Le Doze, Magali Lange, Krystoff Fluder, Reynold de Guenyveau

Eurydice

Orphée, musicien ambulant, rencontre Eurydice, comédienne en tournée. C’est le coup de foudre ! Ensemble, ils fuient l’avenir médiocre qui leur est promis. Mais Eurydice meurt tragiquement. Un étrange Monsieur Henri invite alors Orphée à rejoindre son amour perdu aux portes de la mort. On n’échappe pas plus à son passé qu’à son destin… Anouilh revisite le mythe avec une ironie poétique et non moins vivifiante.

De Jean ANOUILH

Mise en scène Emmanuel GAURY

Avec : Bérénice BOCCARA ou Lou LEFEVRE, Gaspard CUILLÉ ou Emmanuel GAURY, Benjamin ROMIEUX, Corinne ZARZAVATDJIAN, Patrick BETHBEDER, Maxime BENTÉGEAT ou Victor O’BYRNE, Jérôme GODGRAND

Musique : Mathieu RANNOU

Lumières : Dan IMBERT

Costumes : Guenièvre LAFARGE

Photographies Studio VANSSAY

L’Éducation sentimentale

Voici l’épopée ordinaire d’un des plus magnifiques anti-héros de la littérature : Frédéric Moreau. En pleine Monarchie de juillet, entre Nogent et Paris, suivons les déambulations amoureuses et politiques de cet enfant d’un siècle en pleine mutation. De ce roman d’apprentissage qui pulvérise nos dernières illusions, deux acteurs-musiciens font une matière à jouer moderne et survoltée. Flaubert s’électrise !

De Gustave FLAUBERT

Mise en scène Sandrine MOLARO et Gilles-Vincent KAPPS

Libre adaptation : Paul EMOND

Mise en scène et interprétation :

Sandrine MOLARO et Gilles-Vincent KAPPS

La Villette

Le malade imaginaire ou le silence de Molière

Près d’un quart de siècle après sa création, Arthur Nauzyciel reprend son audacieuse première mise en scène, où dialoguent la comédie de Molière et le témoignage imaginaire de sa fille unique. Les échos de ce mélange entre réel et fiction se prolongent aujourd’hui à la faveur d’une distribution repensée.

En 1999, Arthur Nauzyciel revisitait l’ultime comédie de Molière à la lumière fantomatique d’un texte écrit en 1975 par l’historien Giovanni Macchia, une interview imaginaire d’Esprit-Madeleine Poquelin. La fille unique de Molière y dévoile pourquoi elle récuse sa famille, son père et son nom. Ainsi enchâssée dans Le Malade imaginaire, sa parole sème le trouble.

Lui qui jouait Diafoirus fils interprète cette fois Diafoirus père. À ses côtés : Catherine Vuillez et Laurent Poitrenaux, présents à l’origine, et sept jeunes interprètes issus de l’école du Théâtre National de Bretagne.

Welfare

Welfare, c’est d’abord un documentaire signé Frederick Wiseman en 1973, une plongée au cœur du système d’aide sociale américain et une patiente observation du quotidien des travailleurs sociaux et des populations à qui ils tentent de venir en aide. Des personnes sans emploi, sans domicile, malades, fragiles ou victimes de violences. La caméra saisit leur attente, leurs paroles. Ces échanges tristes, drôles, étranges ou dramatiques sont aujourd’hui au cœur de la pièce de Julie Deliquet. C’est sur la proposition du réalisateur américain que la metteuse en scène, qui adapte pour la quatrième fois une œuvre cinématographique au plateau, a imaginé ce Welfare. La pièce a pour décor le gymnase d’une école municipale, transformé en centre d’aide sociale aux derniers jours de l’année 1973. Le temps d’une journée, les personnes et les récits se croisent, une cantine solidaire et un hébergement d’urgence se préparent. Un monde de résistance prend vie.

Pièce de Julie Deliquet

Féminines

L’histoire vraie de la première équipe de foot féminin en France dans les années 70. Une mise en scène inventive et dynamique, pour raconter cette aventure collective joyeuse et politique, entre matchs sur grand écran, bribes du quotidien et moments de liesse au son de tubes pop.

Reims en 1968 : le souffle de liberté qui a porté les espoirs du joli mois de mai va s’engouffrer là où ne l’attendait pas. Pensé par un journaliste comme une attraction saugrenue, un match féminin de foot marque le départ d’une aventure exceptionnelle. Car ces femmes jouent bien et ne comptent pas s’arrêter là. De rencontres en entraînements, de l’usine aux vestiaires, de la maison au terrain, s’invente une équipe qui finit par remporter la coupe du monde à Taipei en 1978. Librement inspirés de l’histoire de l’équipe féminine du Stade de Reims, les parcours croisés des joueuses et du staff décrivent l’invention d’un collectif solidaire. 

Féminines raconte comment prendre sa place à un endroit qui semblait imprenable, donne à voir l’effort et le dépassement de soi. Une aventure historique dont les échos nous parviennent avec une résonance vivifiante.

Pièce de Pauline Bureau

Opéra Comique

Pulcinella et l’Heure espagnole

Louis Langrée, Guillaume Gallienne et Clairemarie Osta conjuguent les arts scéniques au service de ces deux chefsd’œuvre inspirés du XVIIIe siècle galant, dans un spectacle qui célèbre la liberté des genres et la fécondité de l’esprit comique. Ce spectacle «deux en un» permet de découvrir l’univers de la Commedia dell’arte, revisité à travers deux genres, le ballet et la comédie lyrique.

Musique : Igor Stravinski, Maurice Ravel

Mise en scène : Guillaume Gallienne

Archipel(s)

Proposé par la Maîtrise Populaire de l’Opéra comique, qui réunit de jeunes acteurs, chanteurs et danseurs, ce spectacle est conçu pour proposer une introduction à l’univers et au genre de l’Opéra pour tous les publics. Le spectacle met ainsi en scène des univers d’utopies et de dystopies, qui amènent à réflechir sur notre monde et le rôle qu’y joue la jeunesse.

Mise en scène et conception : Isabelle Aboulker

Avec la Maîtrise Populaire de l’Opéra Comique

Les Amandiers

Le Voyage dans l’Est

Le Voyage dans l’Est est un retour sur les lieux du crime, à l’endroit même où le père imposait un premier rapport incestueux à sa fille. Il décrit ce champ de bataille qu’est devenue la conscience. Ce n’est pas un retour mais une plongée en apnée dans les décors de cette ville pour reconstituer, retisser les fils de la mémoire, trouver les mots pour raconter la dévastation intérieure, croiser les voix intérieures pour exprimer tous les sentiments contraires qui ne la quittent pas. Le plateau est ce lieu où entendre cette pulsion, entre vie et mort, entre confusion et lumière. Le lieu d’exposition. Le lieu du courage de la vérité. Le lieu du risque.
Stanislas Nordey aime ces risques, ne craint pas de se frotter à des œuvres qui touchent à des catastrophes humaines et dont la littérature essaie de dégager une issue lumineuse, si mince soit-elle. Sa direction radicale des acteur.rice.s laisse résonner haut et fort les mots de Christine Angot. Des mots qui disent l’inceste, l’emprise, le consentement, la honte et la culpabilité.

Texte : Christine Angot

Mise en scène : Stanislas Nordey

Le Métier du temps – La jeune Parque

Dès la lecture du poème, avec la complicité de Clémence Delille (scénographie, costumes), d’Alix Fournier-Pittaluga (dramaturgie), de Julien Lepreux (composition musicale) et d’Elsa Revol (création lumières), Julie Delille a pressenti les espaces esthétiques et sonores inédits qui s’offraient à cette nouvelle aventure théâtrale. Entre cauchemar, désir et rêve éveillé, la parole puissante de cette jeune femme, seule au milieu de la mer, se déploie en une tentative de saisissement des mouvements de l’âme plongée dans les remous des eaux. Une matière littéraire intense, sensible, d’une radicalité sans faille. Les mots du poète, la forme volontairement classique, magnifient et contraignent dans un même mouvement les torrents émotionnels du personnage.

texte : Paul Valéry

mise en scène : Julie Delille

Le Centquatre

Concert à table

Assise à une table, sous un éclairage tamisé, Claire Diterzi chante, lit, joue de la guitare ou d’autres instruments. Face à elle, le musicien Stéphane Garin ou la musicienne Lou Renaud-Bailly (en alternance) jongle entre ustensiles de cuisine, objets du quotidien et instruments de musique avec une dextérité à la fois minutieuse et facétieuse. Ainsi drôlement accommodés en binôme, des morceaux de choix du répertoire de l’autrice-compositrice-interprète exhalent des saveurs inédites.

Toujours en quête d’airs libres, Claire Diterzi cherche ici à révéler la quintessence de ses chansons, au plus près du public, installé autour de la table. “Dans ce duo, je donne à voir et entendre ma musique de la manière la plus simple et dépouillée pour toucher les gens sans artifices”, explique-t-elle.

Compositeurs et musiciens : Claire Diterzi, Stéphane Garin, Lou Renaud-Bailly

Carcaça

Portés par une énergie phénoménale et une musique à haute densité percussive jouée sur scène, les dix interprètes du magistral ballet C A R C A Ç A associent gestuelle de club et mouvements hérités de danses folkloriques.

C’est un tourbillon qu’orchestre Marco da Silva Ferreira, où gestes, musique, lumières et costumes produisent de la dopamine à forte dose. Le chorégraphe portugais déploie un vocabulaire inventif où les jeux de jambes du voguing et de la house coexistent avec des mouvements issus des danses folkloriques. Les dix interprètes entrent et sortent du plateau, variant les combinaisons chorégraphiques et changeant de costume à vue.

Déroulée en puissantes vagues guidées par un percussionniste et un musicien électronique, la danse est ici pensée comme un outil de recherche sur la communauté, la mémoire et la cristallisation culturelle. Pris dans un flux physique et intuitif, les interprètes forment un collectif en recherche d’une identité. C A R C A Ç A donne une place à leurs histoires individuelles au sein d’une communauté neuve et inclusive. C’est la quatrième pièce de Marco da Silva Ferreira que programme le CENTQUATRE-PARIS, après Fantasie Minor présenté au festival Séquence Danse Paris en 2023, Corpos de Baile en 2022 et Brother en 2017.

Chorégraphie : Marco Da Silva Ferreira

Théâtre de la Tempête

Incandescences

Dire le premier émoi, ne pas avoir honte de raconter le premier baiser, ce n’est pas évident lorsque l’on n’a que vingt ans. La pudeur freine la confidence. Et pourtant si Eros ne venait pas nous visiter, l’humanité s’éteindrait bien vite ! Pour ce dernier volet du cycle « Face à leur destin », après Illumination(s) et F(l)ammes, Ahmed Madani a sillonné la France une année durant pour interroger une centaine de jeunes, des filles et des garçons en pleine puberté. En sont nés des récits intimes ici condensés et portés magnifiquement sur scène par une troupe de 9 acteurs et actrices qui n’ont pas froid aux yeux. Si parfois les mots sont bancals ou inaptes à capter ces moments d’épiphanie, qu’à cela ne tienne, on les danse, on les chante. Il faut que ça sorte coûte que coûte pour faire résonner ces voix de la jeunesse que l’on entend trop peu – ces corps chauffés à blanc dans l’espoir de mieux s’intégrer, de se fondre enfin. Que les mots jaillissent, que les corps exultent pour se libérer et peut-être aussi communiquer cet élan vital, rallumer la braise encore incandescente de toute une génération ! Un spectacle vibrant de désir, d’une énergie contagieuse.

https://www.la-tempete.fr/saison/2023-2024/spectacles/incandescences-712

Nora, Nora, Nora ! De l’influence des épouses sur les chefs-d’œuvre

Quand de jeunes actrices et acteurs se penchent en 2024 sur Une maison de poupée, pièce d’Ibsen écrite en 1879, les questions fusent, ça tiraille de partout. Comment Nora a-t-elle pu ainsi accepter son sort et abandonner ses enfants ? Pourquoi ce sacrifice? Tout ça pour une histoire de fausse signature! Comment libérer Nora aujourd’hui? Avons-nous encore besoin de la revoir subordonnée, posture que nous connaissons par cœur ? Après King Lear Syndrome, Elsa Granat se mue en archéologue pour inverser le processus de destruction du personnage de Nora. Pour nourrir la fiction, elle va fouiller du côté des enfants de l’héroïne, aujourd’hui devenue vieille. Pas question pour eux de prendre soin de celle qui les a abandonnés sans donner d’explication. Et pourtant, en scrutant son passé, ils comprendront peut-être ce qui n’a pas pu se dire. Sous la houlette d’Elsa Granat, ces jeunes comédiens fraîchement sortis de l’École supérieure d’Art dramatique vont littéralement démonter puis ensauvager la pièce d’Ibsen, nous permettant enfin d’apercevoir le fond de l’âme de Nora et son désir d’accomplissement.

https://www.la-tempete.fr/saison/2023-2024/spectacles/nora-nora-nora-de-l-influence-des-epouses-sur-les-chefs-d-oeuvre-713

Le Mandat

Nous sommes en Russie, sept ans après la chute du tsar. Deux familles tentent de conserver par tous les moyens leur place dans une société en pleine mutation. D’un côté, les Goulatchkine à l’esprit petit-bourgeois postrévolutionnaire, de l’autre les Smetanitch nostalgiques de l’ordre ancien. Une seule solution pour survivre dans ce monde où ils n’ont plus leur place : le mariage de la fille Smetanicht avec le fils Goulatchkine, Pavel Sergueïevitch, chargé d’entrer au parti et ainsi d’obtenir le mandat censé assurer la sécurité des deux familles. Sur le mode burlesque, Nicolaï Erdman fustige les deux régimes et dénonce la terreur à laquelle son pays est soumis. Il y a cent ans, la pièce était créée par Meyerhold à Moscou. Succès public immédiat mais trop subversif pour le régime de l’époque ! Douze ans après avoir mis en scène Le Suicidé, Patrick Pineau poursuit son exploration de l’œuvre de Nicolaï Erdman, dans une toute nouvelle traduction d’André Markowicz. À ses côtés, c’est une troupe de 13 acteurs qui promet de porter le tragicomique à son comble pour mieux mettre en pièces par un rire ravageur les travers d’une société à bout de souffle qui peine à se réinventer !

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Corde. Raide

“Grâce à son écriture ciselée et un sens aigu du rythme, corde. raide suspend son public au déroulement d’une histoire fascinante. Reconnue au Royaume-Uni pour ses œuvres engagées, debbie tucker green nous entraîne dans un univers captivant, inscrit dans un futur proche et mâtiné d’humour noir. La victime d’un crime est convoquée dans un bureau administratif. Il s’agit d’une procédure légale. Deux agents qui la prennent en charge sont bien en peine de la “mettre à l’aise” comme ils en ont reçu la directive… Ils s’empêtrent dans leurs explications, jusqu’à faire parfois basculer l’ambiance vers l’absurde. Le décor, aseptisé, crée une atmosphère étrangement familière sans trop en dire sur cette œuvre qui dévoile son mystère peu à peu. Servie par une écriture épurée et tendue comme une corde, la pièce nous plonge dans une intrigue haletante et bouleversante. Impossible de demeurer de marbre devant ce texte redoutable qui aborde tout en finesse des problématiques très actuelles.”

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Les Vagues

Immuable et sans cesse renouvelée, la vague est une métaphore du temps qui passe et de son cycle éternel. Point de départ de cette création, l’œuvre éponyme de Virginia Woolf. Cinq personnages, cinq amis en quête d’eux-mêmes, évoluent au gré des variations atmosphériques d’un paysage marin, de l’aube au crépuscule. Fascinée par l’énergie et l’intensité de ce poème, la marionnettiste Élise Vigneron a choisi de l’adapter au théâtre et de représenter ses personnages par des figures de glace à taille humaine. Manipulées à vue par les comédiens, ces marionnettes glacées créent l’enchantement et le mystère. Chaque acteur a son double voué à l’eau et au vertige. Susan la terrienne, Rhoda l’introspective, Jinny la sensuelle, Louis l’étranger, Bernard enfin celui qui raconte. Une heure durant, nous sommes invités à vivre une expérience sensible, aussi fragile que la glace qui fond sous nos yeux, pour mieux ressentir la métamorphose qui se joue à l’échelle individuelle, collective et cosmique. Un chœur de glace poétique qui célèbre la beauté de l’éphémère et la porosité entre les mondes.

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Opéra de Paris

La Vestale

Une prêtresse du temple de Vesta, Julia, est partagée entre ses devoirs religieux et son amour pour le général romain Licinius. Tel est le nœud de La Vestale, l’opéra de Gaspare Spontini, écrit au début du Premier Empire. Dédiée à Joséphine et multipliant les allusions politiques à Napoléon, l’œuvre connaît un triomphe dès sa création à l’Opéra de Paris en 1807. Admirée par Berlioz, la partition déploie une orchestration brillante et une vocalité au lyrisme soutenu qui annonce le grand opéra tout en s’inscrivant dans l’héritage de Gluck. Après avoir quitté l’affiche de l’Opéra de Paris pendant près de 150 ans, le retour de cette œuvre dans sa version originale en français est un événement attendu. Lydia Steier, qui en signe la mise en scène, explore les thèmes de l’extrémisme religieux et du zèle militariste : l’amour a-t-il une chance de survivre entre ces deux pôles impitoyables ?

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Don Quichotte

Inspiré de la chorégraphie de Marius Petipa, Don Quichotte de Rudolf Noureev est une véritable fête de la danse aux accents espagnols. Les solistes et le Corps de Ballet sont emportés dans des ensembles et pas de deux au son d’une musique enlevée. Écrit au XVIIsiècle, le roman de Cervantès raconte les aventures de Don Quichotte, un idéaliste qui vit dans les livres et qui décide un jour de cavaler à travers l’Espagne aux côtés du naïf Sancho Pança. Dans le ballet de Noureev, ils rencontrent Kitri et Basilio. Ces deux amants emploient toutes les ruses – du spectacle de guignol au faux suicide – pour se retrouver malgré la résistance du père de Kitri. C’est finalement Don Quichotte qui amène l’heureux dénouement après avoir lutté contre les moulins à vent et croisé la route de Cupidon, Dulcinée et la Reine des dryades. Les costumes et les décors chatoyants subliment une œuvre vive et réjouissante.

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Théâtre de l’Épée de Bois

Splendeurs et Misères

Nous sommes durant la Restauration au début du XIXe siècle dans une ville de Charente, Angoulême. Lucien Chardon, jeune ambitieux né de l’amour d’une aristocrate sauvée de la guillotine et d’un pharmacien rêvant de trouver le remède de la maladie des riches, la goutte. Avec sa sœur Eve et son meilleur ami David, il grandit dans cette ville de province qui rapidement devient trop petite pour ses aspirations. En effet, Lucien a des rêves de gloire littéraire, et il est persuadé que son talent doucement pourrit à Angoulême.
À 21 ans Lucien fait la rencontre de Naïs de Nègrepelisse dite Louise de Bargeton, aristocrate vivant dans la partie haute de la ville, endroit de la bonne société noble et cultivée de la Charente. Lucien lui est de l’Houmeau, quartier du bas consacré à l’artisanat et aux commerces : « En haut la noblesse et le pouvoir, en bas le commerce et l’argent ; deux zones sociales constamment ennemies en tous lieux ; aussi est-il difficile de deviner qui des deux villes hait le plus sa rivale ». Pour avoir ses entrées dans les salons et ne pas faire rougir Louise, qui devient rapidement son grand amour, Lucien abandonne le nom de Chardon pour le nom de sa mère, le nom si joli de « de Rubempré ». David a repris l’imprimerie de son père et s’est marié à Eve. Tous deux soutiennent les aventures de Lucien, et deviennent les véritables artisans de son ascension locale. Mais Lucien peine à cacher ses origines. L’entourage de Louise ne cesse de le railler, n’hésitant pas à rappeler en toute occasion le nom de Chardon, notamment quand il partage ses premiers écrits. À cause de cette souffrance et d’un malheureux fait divers, Louise et Lucien s’enfuient à Paris.
À Paris, c’est le commencement d’une véritable épopée pour « L’homme d’Angoulême ». Louise l’abandonne, il ressent alors un profond chagrin et de grandes désillusions dans cette capitale qui sans scrupule voit l’Art comme un objet. Un objet qui rapporte, qui fait de l’argent. Il affronte la ville et ses intrigues. Sa détermination et ses quelques qualités littéraires lui font accéder au statut de critique dans divers journaux de sensibilités politiques différentes. Il devient craint et navigue parmi des personnages fantasques et incroyables qui comme lui sont prêts à tout. On peut citer Lousteau, Dauriat, Nathan, Florine, la marquise d’Espard ou des âmes fortes et douces comme Coralie ou Daniel d’Arthez qui vont régulièrement lui rappeler qu’avant d’être un jouisseur et un opportuniste, il voulait être écrivain.
C’est l’histoire d’une ascension et d’une chute, une chute bien trop violente qui va voir les rêves d’enfant de Lucien mourir de la main d’une société de l’argent et du profit qui fait croire et qui tue.

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ARTAUD-PASSION

L’histoire est librement inspirée de la rencontre de la jeune Florence Loeb, fille du galeriste Pierre Loeb avec le poète Antonin Artaud après ses neuf années d’internement.

La mise en scène est comme le point de départ d’une création qui puise sa force dans le direct, nourrie de poésie, de mots, d’images, de sons, qui touchent à la façon d’électrochocs. Le spectateur est immergé dans un univers d’expérimentation poétique à la manière d’un rêve qui se vit sans fin, un monde où la folie éclate un temps donné, celui de la représentation.

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