“Volver” : Jean-Claude Gallotta fait danser Olivia Ruiz


« Volver comme « revenir » en espagnol… Olivia Ruiz, la chanteuse aux succès flambants, se souvient de ses origines ibères et du périple de ses grands-parents exilés en France dans les années 1930. Le chorégraphe Jean-Claude Gallotta cligne lui aussi de l’oeil, dans ses farandoles, à ses racines napolitaines. L’évocation de tous ces voyages teinte leur show d’un voile légèrement nostalgique — quoique politique quand il s’agit, via quelques images d’archives, d’évoquer les cinq cent mille réfugiés espagnols parqués dans les camps français, entre 1936 et 1939…
Olivia Ruiz chante le déracinement mais y va tout de même sur la pointe des pieds, préférant d’abord raconter des histoires d’amour. Celle d’une jeune femme libre et exilée qui, à 20 ans, s’invente un nom (Joséphine Blanc) pour devenir chanteuse populaire à Montmartre. Les chansons à succès (La Femme chocolat…) se suivent et s’accrochent à la trame de la fiction. Parfois de justesse, mais qu’importe. La trajectoire dessinée est sensible ! Et les danseurs de Gallotta entourent joliment l’héroïne-chanteuse. Elle ne leur dame pas le pion, bougeant très naturellement comme pour prolonger sa performance vocale, si ferme et si charmante. Défilés swingants, jeux de bras simples, chorus de pieds et mains moins frénétiques que d’habitude : Gallotta assouplit sa chorégraphie au rythme de la ballade, nous prend par la main, et par les sentiments. C’est tendre et doux. »

Critique de Emmanuelle Bouchez dans Télérama

volverm378254

Théâtre National de Chaillot

6 au 21 octobre